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Pont-L'Abbé

Producteurs de lait. Les vannes se sont ouvertes

12 septembre 2009

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Énième signe de protestation des producteurs laitiers, les vannes s'ouvrent et le précieux liquide nourricier se perd dans les fosses. À Plozévet, état des lieux d'un métier en péril.

9h15, vendredi matin. David Le Gouill, producteur laitier à Plozévet, le coeur serré, ouvre la vanne de son bac à lait: 700l de lait jaillissent et vont finir leur course directement dans la fosse à purin! Premier geste de la grève du lait annoncée depuis quelques mois dans les campagnes par de grandes affiches blanches et devenue hier matin une réalité pour de nombreux producteurs laitiers bigoudens.

«Qu'on écoute la base!»

C'est l'Apli au niveau français et l'EMB du côté de l'Europe qui avaient lancé cet ultimatum. Le but de tous ces producteurs laitiers: faire réexaminer la situation avec une mise à plat et surtout «qu'on écoute la base, car les projets européens nous ont menés dans le mur!» martelaient vendredi matin les producteurs réunis à Plozévet. Les producteurs de lait veulent un nouveau projet laitier avec une harmonisation sur tout le territoire européen des normes qualitatives, environnementales et de prix. Ils espèrent faire bouger les choses par leurs actions, alors ils refusent leur lait aux laiteries, le déversent dans leur fosse; une partie de ce lait sera toutefois conservée et embouteillé pour être distribué directement au public dans les prochains jours (400l distribués récemment à Pont-l'Abbé).

60 à 70h par semaine

Le quotidien d'un producteur de lait: «On est tous logé à la même enseigne, dans la même panade: on travaille sept jours sur sept avec deux traites dans la journée, matin et soir; à côté de ça on a nos cultures à tenir, aujourd'hui on fait tous entre 60 à 70heures par semaine et avec nos investissements en cours, on n'en retire quasiment rien. Nous ne voulons plus des aides, on est déjà assez décrié comme ça dans l'opinion publique, on veut être payé à la juste valeur pour notre lait (dernier prix reçu par les producteurs laitiers: 245 EUR la tonne). Beaucoup d'entre nous vont arrêter à la fin de l'année, on se pose des questions sur l'avenir: y en a-t-il encore un?» Ils sont déterminés les producteurs laitiers, la durée de cette grève du lait: «On ne sait pas, on tiendra, mais plus elle sera courte et mieux ce sera pour tout le monde!»

Les céréales aussi

C'est vraiment la grise mine de tous côtés. Au niveau des productions de blé et d'orge, les tonnages 2009 ont été bons, malgré une météo calamiteuse dont sont directement contributaires les agriculteurs, le prix payé à la tonne lui est en chute: 100 EUR la tonne de blé contre 150 en 2008 et 87 EUR pour l'orge; dans le même temps, les charges elles ne stagnent pas, elles augmentent.

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