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Pont-l'Abbé (29). Vend chapelle, peu servi...

6 octobre 2010 - 2 réactions

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C'est peut-être la recette de l'unanimité. Dès que la municipalité évoque ses clochers, les anges passent et la paix s'installe. Résultat de ce conseil de rentrée bien sage, la chapelle du Sacré-Coeur est à vendre.

«Pont-l'Abbé. Vend chapelle XIXe. Très peu servi, bel espace à vivre, quartier idéalement placé, frais à envisager, prix à débattre. Contacter la mairie». Ha, la belle annonce, la seule faite d'ailleurs lundi soir, pour un conseil municipal de rentrée qui fut des plus sobres et pieux. Des élèves studieux, à l'orée d'une année dont les partielles riment (ou presque) avec élections cantonales. Une annonce, donc, celle de la mise en vente au plus offrant - un appel à projet, en langage codé - de la chapelle du Sacré-Coeur, rue de l'Église, en plein centre-ville. Drôle de destin, d'ailleurs, que celui de cette chapelle. Construite en 1882 pour 80.000francs de l'époque, un don de la famille Le Bleis, elle n'a été utilisée qu'épisodiquement. Jamais vraiment consacrée, «attribuée» seulement en 1927, ce qui lui valut d'échapper à la séparation de l'Église et de l'État, elle a surtout abrité la catéchèse des jeunes Pont-l'Abbistes. Et autres aventures, le conseiller Jean Daniel se souvenant d'ailleurs en avoir «pris une bonne» le jour où il montât sur le toit, depuis l'école primaire autrefois voisine. 1927, la chapelle passe dans le giron de l'association diocésaine qui, ne sachant trop qu'en faire, finit par la céder en 2003, contre un programme de travaux de réhabilitation, à la municipalité de l'époque. Coût de la transaction pour la ville, 1EUR symbolique.

1 EUR qui coûte 247.000 EUR

1 EUR pas si symbolique que ça au final puisque Bernard Le Floch, opposant hier majoritaire et à l'origine de la transaction, explique que si «le diagnostic sur la solidité des ouvrages, charpente et maçonnerie, n'avait pas révélé de désordres structurels majeurs», la pérennité du lieu pieux nécessite à l'époque, pour que tiennent murs et clocher, «247.000 EUR», impossibles à débourser pour une municipalité ayant fait du manque de budget un argument-rengaine. Drôled'arithmétique politique qui force aujourd'hui la municipalité à s'en débarrasser, «nombre d'investissements étant incontestablement plus urgents que la restauration d'une chapelle du début du XIXe». Vendre pour sauvegarder l'endroit, au moins. «L'édifice nécessite un entretien courant qui n'a pas été assuré et là il faut réagir rapidement», poursuit Bernard Le Floch, avant de déclarer, façon «Au théâtre ce soir», que «rien ne serait plus coupable que de ne rien faire».

Loft mais pas mosquée

Au final, la municipalité propose «la restauration de la chapelle à l'initiative privée, sous réserve que l'acheteur s'engage dans une démarche de conservation patrimoniale». Entre les lignes, la chapelle pourra devenir galerie d'exposition ou bien loft. Mais pas synagogue ou mosquée, la délibération stipulant que l'acheteur potentiel doive imaginer «un usage qui respecte le lieu, la physionomie générale du bâtiment et les conditions énoncées dans l'acte de vente de la chapelle à la ville». Qui excluent qu'elle puisse devenir lieu d'un autre culte que catholique. «Le temps presse et rien n'avance, pour la chapelle comme pour nous», a renchéri Bernard LeFloch. Comme le dossier Lambour, qui n'a pas fait débat, le devenir de la chapelle a été scellé à l'unanimité. La guerre de clochers n'a pas eu lieu, et c'est dans une belle communion, sourire angélique aux lèvres, que tous les conseillers ont laissé blanc-seing pour le passage au privé du lieu saint.

  • Marc Revel
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2 réactions

  • anni...
    Un don... du ciel ?
    La municipalité versera-t-elle le montant de la vente à Jérôme Kerviel pour l'aider à payer ses dommages-intérêts ? (PS : pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? "Lorsqu'il montât" !!! Au passé simple, monter s'écrit tout simplement "monta")
    Ajouté le 6 octobre 2010 à 10h35
  • jean yves
    Aucune imagination
    Elle aurait très bien pu service de salle de concert ou d'exposition. Comme à Tréguier. 2 chapelles ont été reconverties dans ces domaines sans en dénaturer l'édifice ...
    Ajouté le 6 octobre 2010 à 23h06

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