4 février 2012
«La future Politique commune des pêches (PCP) est censée sauver la pêche. Mais à quel prix? Celui de la fin de l'artisanat, de la baisse du nombre des marins ou au prix de la sécurité en mer avec des bateaux trop anciens?», a interrogé Hélène Tanguy, maire du Guilvinec, en introduction de la rencontre-débat qui s'est déroulée, hier, à son initiative, au CLC.
Négociations à Bruxelles en vue
Professionnels de la pêche et grand public étaient invités à donner leur avis sur la nouvelle politique commune des pêches, qui doit entrer en vigueur en 2013, sur la base d'un rapport établi par le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Son président, Jean-Paul Delevoye, ancien ministre, était présent ainsi que la rapporteure de l'avis du Cese, Joëlle Prévot-Madère, venue tout spécialement de Guyane. Ce rapport a été établi au nom de la section agriculture, pêche et alimentation, à la demande du gouvernement, en vue des prochaines négociations à Bruxelles. «Nous souhaitons un suivi du rapport, qu'il soit confronté avec la réalité du terrain», a déclaré le président, tandis que le président du comité régional de la pêche, André LeBerre, précisait: «En 40 ans de métier, j'en ai vu passer des conseillers à la pêche. Un pêcheur reste un pêcheur. Peut-être faut-il en être un pour le comprendre». La maîtrise avec laquelle Joëlle Prévot-Madère a présenté le rapport a été soulignée. Elle-même gérante de transports, vice-présidente de la délégation Outre-mer, elle a souligné «la situation préoccupante du secteur européen de la pêche malgré un formidable potentiel halieutique», chiffres à l'appui: «La pêche européenne représente 6% seulement des prises mondiales, la France, 1% seulement; l'Union européenne importe 80% des produits de la mer consommés et le nombre de pêcheurs a été divisé par deux en 30 ans (23.000dont plus de 40% pour la pêche artisanale côtière).»
Bilan mitigé après 30 ans de PCP
Les propositions du Cese ont ensuite été analysées et discutées car, selon l'avis de tous, «en près de 30 ans de PCP, le bilan est mitigé». Les objectifs du futur PCP, qui ne présente aucun volet social, c'est la durabilité, l'avenir d'un secteur d'activités, avec des pêcheurs qui ne sont pas les seuls responsables de la surpêche. Le rapport préconise donc de «mettre en place, en accord avec les scientifiques, une cartographie dynamique des espèces alors que sur 100 espèces commercialisées, seules 36sont soumises à quotas». Le «zéro rejet» et ses «effets pervers», lui aussi, a fait l'objet de discussions. Quant à travailler sur «le bateau du futur qui ne dépendra pas du prix du carburant», c'est une belle idée, «au risque de voir disparaître la pêche artisanale et côtière». La démarche des «contrats bleus», dans laquelle sont engagés 220chalutiers bretons, qui font «mieux que la réglementation», a également été évoquée. «La moyenne d'âge des bateaux est de 26 ans», a souligné Joëlle Prévot-Madère, précisant que «l'Europe ne compte pas donner un sou».

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