16 septembre 2008
Les Monuments historiques s'apprêtent à s'ouvrir, le temps des Journées du patrimoine. Un week-end dédié cette année à la création, au manoir de Kerhoas.
Le thème de la nouvelle édition des Journées européennes du patrimoine lui va comme un gant. Depuis son rachat en 1989 par la famille Aymer et le début de sa restauration, le manoir de Kerhoas n'a jamais cessé d'accueillir les artistes. À commencer par Jean-Pierre Blaise dont les sculptures ont animé cette rive du Ster de Lesconil.
Samedi et dimanche, le manoir du XV e siècle rouvre ses portes au public. L'occasion d'inviter une nouvelle artiste à accrocher ses toiles dans le salon du logis taillé dans la pierre.
Du beau linge
Sophie Corre n'a d'ailleurs eu qu'à traverser le Ster pour étendre ses toiles. Le fruit d'un an de travail né de ses peintures consacrées aux gestes féminins. « L'expression du geste d'habillage m'a conduit à me consacrer au thème de la lessive », explique l'artiste. Un choix presque naturel pour cette ancienne dessinatrice textile devenue styliste, avant de retrouver le plaisir du linge séchant sur le fil à son retour en Bretagne, il y a quelques années.
Des toiles qu'elle mêlera, le week-end prochain, à des témoignages de grands-mères et autres textes littéraires. Le lieu, partagé chaque été par la fête du patrimoine, permettra au public de découvrir quelques éléments de l'univers des lavandières. Et comme pour relier le passé au présent, cet univers inspirera samedi un atelier d'écriture. Animé par Anne Plihon et proposé par l'association « A comme atelier », il sera l'occasion de jouer avec les mots épinglés au fil à linge.
Un lieu d'exposition
L'exposition « Beau temps pour étendre » ne durera que le temps d'un week-end. Un rendez-vous culturel mêlant découverte du manoir et création dont Colette Aymer entend faire le quotidien du lieu. Débutés en 1993, les travaux de restauration vont se poursuivre par la grange à double porche. Laissé vacant par Jean-Pierre Blaise, le lieu pourrait alors accueillir un nouvel espace d'exposition et répondre à l'obligation d'ouverture au public, quelques jours par an, du manoir désormais classé monument historique.
Un témoin rare d'une vie rurale puissante mais modeste, que ses propriétaires se plaisent à partager. « Nous avons commencé la restauration par le four à pain, pas par les toitures, parce que nous pensions que le lieu devait s'élaborer autour du public », poursuit la propriétaire. Un intérêt partagé par les visiteurs. Au-delà du public de la fête du patrimoine, 750 personnes s'étaient déplacées l'an passé à l'occasion des Journées du patrimoine.

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