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Pont-L'Abbé

Hôtel-Dieu. Mobilisation contre le projet de réorganisation

3 avril 2009

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Un débrayage a réuni une centaine des 630 salariés de l'Hôtel-Dieu, hier après-midi, devant l'hôpital. L'occasion de faire savoir leur désaccord avec le projet de la direction.

En discussion depuis plusieurs mois à l'Hôtel-Dieu, le projet de réorganisation du temps de travail dans les services ne passe pas. Jeudi, le comité d'entreprise de l'hôpital s'est, une nouvelle fois, réuni pour se prononcer sur le texte de la direction. «Nous avons refusé de donner notre avis faute d'éléments financiers sur l'impact de l'accord», expliquait, hier, Georges Canévet, le délégué syndical Force ouvrière de l'établissement. Une position qui empêche, pour l'heure, la mise en application du texte de la direction. Le dialogue interrompu, le syndicat avait déposé un préavis de grève. Il a conduit, hier après-midi, une centaine de salariés à débrayer, pendant deux heures.

«Épuisé et démotivé»

Des salariés satisfaits de l'augmentation de l'activité de leur établissement. Un gage de bonne santé. «Mais le personnel en prend plein la figure. Les conditions de travail se sont, depuis quelques années, extrêmement dégradées, faute de réajustement du personnel. Il se trouve épuisé et démotivé», souligne le délégué syndical. La réduction du temps de travail journalier (de onzeheures à dixheures la nuit et de huitheures à septheures et demie le jour), doit permettre d'améliorer l'organisation des services à moyens constants. «Comment allons-nous pouvoir effectuer en septheures trente ce que nous avons du mal à réaliser en huitheures?», s'interroge un salarié. Le nouveau rythme devrait conduire le personnel de jour à terminer ses journées à 21h30 au lieu de 20h30. «La vie de famille risque d'être fortement détériorée», expliquent les grévistes. Le projet ne passe pas davantage auprès des personnels de nuit, privés mécaniquement de onze à douze journées de récupération.

Bras de fer

Des grévistes pourtant prêts à des concessions. «Le gouvernement nous y oblige si on veut garder notre travail. Et puis on veut que l'Hôtel-Dieu reste bien implanté». Pourtant, du côté de la direction, le principe de cette réorganisation est acté. «Il n'est pas question de négociation, puisqu'il s'agit simplement d'une redistribution des heures supplémentaires, dans le cadre des accords de branche, pour améliorer et renforcer les équipes de nuit». Selon André Fermet, le directeur de l'établissement, la réorganisation vise également «à améliorer la sécurité et la qualité de prise en charge des patients et des résidants». Un accord dont il prévoit une mise en oeuvre progressive, secteur par secteur, «en concertation avec les équipes». Reste à savoir si le projet devra, préalablement, être présenté une nouvelle fois au comité d'entreprise afin qu'il émette un avis.

  • Jean Le Borgne
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