8 octobre 2009
Les co-présidents de l'Union des commerçants apprécient peu le projet de centre commercial à Kerouant et y voient un manque de concertation. Ils exposent aussi leurs griefs quant à la politique de la ville.
Le vote du conseil municipal en faveur de la saisine de la Commission départementale d'aménagement commercial (CDAC) pour le projet de centre commercial à Kerouant (Le Télégramme d'hier), a fait vivement réagir les deux coprésidents de l'Union des commerçants. Pascale Gautron etAlain Le Boisne estiment que l'UDCP a été mise «devant le fait accompli. Il n'y a pas eu de concertation. Avant d'en être informés, en toute fin de semaine dernière, on n'a eu aucuncontact avec la municipalité, ni même avec le porteur duprojet, qui est pourtant membre del'union». Ce que regrette l'UDCP, c'est donc de n'avoir «jamais vu les plans. On a juste su qu'il voulait s'agrandir. Mais là, ce n'est pas un agrandissement, c'est la création d'un centre commercial».
«Le centre-ville est assez fragile comme çà»
Le projet du propriétaire des Caves de la Rocade, en faisant passer sa surface commerciale de 180 à 797m², consiste à créer dans ce nouvel espace six cellules, qui abriteront, en plus de la cave, un fleuriste, une épicerie fine, une boulangerie, une pâtisserie, une chocolaterie et un magasin de cadeaux. «Le commerce en centre-ville est assez fragile comme ça», poursuit Pascale Gautron. «Si c'est pour ajouter en périphérie les mêmes commerces qu'en ville, ça ne sert à rien», déplore Alain Leboisne. Les commerçants redoutent également qu'en raison de l'implantation stratégique du futur centre commercial, «les gens qui travaillent à Pont-l'Abbé mais qui habitent dans les communes périphériques trouveront plus simple d'y acheter leur pain que dans les commerces du centre».
La loi montrée du doigt
Le maire, Daniel Couïc, qui, au cours du conseil municipal, avait fait part d'une «situation embarrassante», réfute le manque de concertation et préfère insister sur les nouvelles dispositions de la loi de modernisation de l'économie (LME). «Nous aussi on a eu ce dossier entre les mains très tardivement. De toute façon, l'avis des commerçants n'aurait rien changé au dossier. Même les municipalités n'ont plus à donner leur avis, puisque les élus ne peuvent plus se prononcer sur les problèmes de concurrence. On peut juste saisir la CDAC». Pour l'élu, la LME n'est pas en accord avec les documents d'urbanisme. «Un Scot, un PLU, ça prend des années à se monter. La LME a été applicable tout de suite. Du coup, tous les commerçants qui ont des projets qui ne sont pas hors circuit, on n'a pas les moyens de les refuser». DanielCouïc laisse cependant la porte ouverte à la discussion: «Si les commerçants veulent de la discussion, on pourra toujours se rencontrer».
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