8 septembre 2009
Deux décès et des dizaines de personnes en difficulté. Les secours n'ont pas chômé cet été sur les plages de la baie d'Audierne. À La Torche, de lourds moyens ont été engagés.
Un hélicoptère de la Marine nationale et une vingtaine de pompiers sur la brèche. L'après-midi dans les vagues de La Torche s'est transformé en une vaste opération de sauvetage, vendredi pour trois jeunes bodyboarders en difficulté. Inexpérimentés, les trois pratiquants ne sont pas parvenus à rejoindre la plage par leurs propres moyens. Avant l'arrivée des secours, ils avaient pu regagner la terre ferme grâce à l'aide de surfeurs. La conséquence, pour Léa Laurent, le maire de Plomeur responsable de la sécurité du public sur les plages, «de l'imprudence des gens. Contre ça, on ne pourra pas faire grand-chose», explique-t-elle. Cet été, la commune a déboursé près de 10.000 EUR pour la surveillance de la plage. Elle a donné lieu à une soixantaine d'opérations de secours.
Deux décès cet été
Accrochés à leur matériel, les amateurs de sports de glisse ont pu attendre les secours sans trop de difficultés. Les baigneurs n'ont pas toujours eu cette chance. Deux d'entre eux ont perdu la vie au cours de l'été, hors zone de baignade surveillée. Le 5août devant la plage du Gored à Plozévet et le 29août à Pors-Carn. À La Torche, une troisième victime a pu être réanimée par les pompiers. Ici, quand les mauvaises conditions météo se mêlent aux courants, le phénomène d'ascenseur se transforme en piège pour les non initiés. Les petits drapeaux rouges rappelant l'interdiction de se baigner en dehors des zones surveillées, les rappels à l'ordre des sauveteurs et les panneaux d'information n'ont pas suffi à convaincre tous les amateurs de baignade du danger.
Une réflexion
«La baie d'Audierne est une côte à risques, pas une baie accidentogène», explique le capitaine Gire, chargé du secours côtier au Service départemental d'incendie et de secours. Une série noire qui, pour Léa Laurent, doit pourtant conduire à une réflexion sur l'information donnée au public. «Les panneaux informant des dangers ont été remplacés au printemps par du mobilier s'intégrant mieux dans le paysage. Ils sont peut-être trop petits dans cette immensité».
Culture de la plage
Salué de toutes parts, le travail des sauveteurs saisonniers n'est pas en cause. Des sauveteurs que certains surfeurs aimeraient pourtant bien voir équipés d'un jet-ski. Un engin capable d'intervenir rapidement à condition d'être confié à un pilote expérimenté. Une fausse-bonne idée de l'avis du capitaine Gire pour qui la possibilité d'intervenir enbateau derrière la barre, depuis la plage ou en hélicoptère suffit. Le jeune club de sauvetage bigouden plaide, lui, pour le développement d'une culture de la plage, chez l'ensemble des amateurs de sports de glisse. À l'image des Anglo-Saxons, il développe la pratique du paddleboard. Présents tout au long de l'année dans les vagues, les surfeurs sont souvent les premiers à porter assistance aux personnes en difficulté.
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