14 septembre 2009
À la croisée de septembre et d'octobre, la baie d'Audierne offrira un drôle de spectacle. Celui de 300 pêcheurs, gaule en main, venus traquer le bar ou la sole pour les championnats de France de surfcasting.
Ha, la pêche en Pays bigouden. Ses chalutiers, ses ligneurs, ses bolincheurs... Et puis un petit peuple de gaules, qui résiste aux sirènes de la haute mer et qui préfère, bravache manière de prédateur, taquiner le poisson depuis le bord de mer. Un art un peu méconnu que celui des pêcheurs à la ligne qui, seuls sur le sable les genoux dans l'eau, jettent leurs appâts à la mer pour draguer bars, soles ou sars. Le ressac de la baie d'Audierne sera ainsi leur terrain de jeu, les 30septembre, 1er et 2octobre, pour le 53e championnat de France de pêche en bord de mer. Pour cette compétition, car c'est bien de cela qu'il s'agit, c'est le Surfcasting club de Quimper qui a été retenu par la Fédération française de pêche. Surfcasting, de surf pour vague, de casting pour lancer.300 concurrents sont donc attendus. La crème de la crème, le haut du panier, le meilleur du casier, sélectionnés par leurs comités régionaux respectifs pour leurs aptitudes à la séduction par l'hameçon.
Trois hameçons trois secteurs
«Il y aura trois manches de cinqheures, de 8h à 13h, le mercredi, le jeudi et le vendredi», explique Thierry Pilet, spécialiste es-bouchons et émerillons, capitaine de sa boutique de pêche, place de la République à Pont-l'Abbé. Un spécialiste, donc, qui s'est vu confier «la fourniture de tout l'appâtage. C'est du naturel, des vers principalement qu'on est en train de recevoir». Et il en faudra, de l'appât, pour être sacré champion de France de surfcasting. «C'est simple, c'est celui qui prend le plus de poissons qui a gagné. On mesure au poids». Du côté du choix des armes, chaque participant a droit à trois hameçons. Le poisson, lui, n'a que le droit de ne pas se faire prendre. Mulets, sars, soles, bars qui auront eu le défaut de venir traîner leurs écailles un peu trop près des côtes vont donc courir le risque de gober un hameçon, impénitents gourmands qu'ils sont. «Ça va être du spectacle, sourit Thierry Pilet. Trois secteurs sont concernés, Tréguennec, Tronoën et Plovan. Il y aura chaque jour un tirage au sort, mais chaque pêcheur devra obligatoirement passer par ces trois plages». Chacun aura ainsi droit à son petit pré carré sablonneux, «20m de largeur».
Goût de bouchon
Un paradis ou bien un enfer, selon les bancs qui traînent dans la bande. Derrière les chasseurs d'écailles, les commissaires auront l'oeil et la branchie aux aguets. «Il faut un commissaire pour cinq pêcheurs, poursuit Thierry Pilet. Les règles sont strictes. Par exemple, pour le bar, la taille minimale est passée à 42cm pour la compétition, contre 36cm quand on le pêche autrement». Une fois les caudales à l'air, le poissons poissard aura gagné un aller simple au nirvana des poisseux. Sans retour à l'océan, vraiment la poisse. «On ne rejettera pas les poissons à l'eau, continue Thierry Pilet. En fait, tout ce qui sera pêché sera ensuite redistribué de façon caritative». Les curieux, eux, pourront toujours se faire une idée de l'art délicat du surfcasting pour le championnat de Bretagne, qui se déroule demain matin à Ruvein, commune de Plovan. Une quarantaine de pêcheurs sont attendus pour ce qui sera une répétition avant le championnat national. Tremblez, habitants des mers, les jours qui viennent risquent d'avoir un peu le goût de bouchon.
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