10 mars 2009
De 1978 à 1981, Plogoff petite commune du Cap-Sizun était sous les feux des projecteurs, refusant becs et ongles le projet d'installation d'une centrale nucléaire. Trente ans après, retranscrire ces événements sous forme de spectacle, c'est le défi qu'a relevé de façon magistrale, samedi soir, au centre culturel Avel-Dro, le cercle Korriged Is avec son spectacle «Plogoff!». Près de 400 personnes ont ovationné la prestation scénique et apprécié cette vision des choses donnée par la troupe.
Pas de clichés
Mettre en scène un tel combat, réussir à en donner le sens, la portée, via des musiques, du théâtre et des danses n'était pas une mince affaire. Tomber dans le cliché était facile. Mais la troupe a réussi à redonner l'atmosphère du moment, plantant le décor de cette fin XXesiècle avec un bout de Bretagne oscillant entre tradition et modernité, entre gavottes et «patte d'éph'». Avant tout, ce qui est palpable dans ce spectacle, c'est l'énergie: nucléaire, sous les traits de ce savant un peu fou; résistante, par la détermination des Bretons; écrasante, par celle des forces de l'ordre; joyeuse par celle de l'annonce de l'arrêt du projet en 1981. Des extraits emblématiques du film «Des pierres contre des fusils» de Nicole et Félix Le Garrec, étaient projetés par moment, pour montrer la réalité des choses: la montée en puissance des forces face à face, l'implication transgénérationnelle contre ce projet et au-delà un refus de ces diktats d'un État jacobin. Ce spectacle fort a rappelé bien des souvenirs. C'est un spectacle puissant, qui donne à réfléchir au-delà de cet événement capiste, devenu emblématique.

26 mai 2012

26 mai 2012