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Quotas de merlus. Un navire espagnol épinglé

1 février 2012 - 2 réactions

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Thémis, fleuron des Affaires maritimes françaises affecté au contrôle des pêches en Manche était en mission hier, au Rosmeur. Entretien avec son capitaine, Christian Sauvage.



Que s'est-il passé pour que vous fassiez escale à Douarnenez?
Lors d'un contrôle de routine en mer, au large de la pointe du Raz, dimanche soir, nous avons constaté sur le log book, le journal de pêche électronique du palangrier espagnol Breogan Uno, que sur l'une des journées de pêche, il était enregistré «zéro merlu». Nous avions besoin de vérifier en cales pour voir si les quantités correspondaient. Le bateau était en fin de marée, les cales étaient pleines. L'évaluation était donc impossible à faire en mer, cela aurait mis en péril la stabilité du navire. Nous avons alors demandé au patron de se dérouter sur le port le plus proche, en l'occurrence Douarnenez, pour pouvoir débarquer et peser la pêche.

Et le navire espagnol a accepté de vous suivre?
Il lui restait encore une journée de pêche à faire avant de rentrer en Espagne. Le patron n'a donc pas répondu favorablement à notre proposition. C'est donc l'État français qui lui en a donné l'ordre, via notre autorité. Cela s'est passé dimanche en milieu de journée. Le temps des formalités et de rallier Douarnenez, nous sommes arrivés lundi à 14h, avec l'une de nos équipes à bord du palangrier dont les cales avaient été plombées.

Vos soupçons ont-ils été confirmés?
Ce matin (hier matin, NDLR), nous avons surveillé la débarque et fait procédé à la pesée de la pêche du Breogan Uno sous criée et avons effectivement constaté qu'il avait sous-déclaré sa capture. Sur douze tonnes déclarées, du merlu de palangre de très belle qualité, il y en avait quatre de plus. L'infraction était constituée. Les autorités ont décidé d'infliger à l'armateur une amende administrative, pour faute à la déclaration, plus rapide qu'une convocation devant la justice. Une amende de 20.000 EUR, dont il va devoir s'acquitter pour que l'équipage et le bateau soient autorisés à quitter le Rosmeur.

Que vont devenir ces seize tonnes de merlu?
L'armateur a fait monter des camions frigorifiques d'Espagne pour les emporter. Les quatre tonnes de prise illégale sont mises en vente au profit de l'État. Celle-ci a été proposée directement à l'armateur espagnol, au prix de marché, pour ne pas pénaliser le cours du merlu de chalut breton. L'armateur a accepté.

Ce type d'arraisonnement est-il courant?
Non. Sur notre zone d'intervention, qui s'étend sur tout le littoral qui va de la frontière belge à la frontière espagnole et que nous surveillons avec l'autre patrouilleur des Affaires maritimes, l'Iris, basé à Lorient, nous sommes amenés à faire trois ou quatre déroutements par an, pas plus. La grande majorité des navires contrôlés respectent les quotas de pêche.

Lire aussi en page11.

  • Propos recueillis par Marie-Line Quéau
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2 réactions

  • pirate41
    soyons avertis
    C'est vrai le montant des amendes est assez peu dissuasif . Pour autant, l'état français doit-il laisser ces armements étrangers dépasser leur quotas en toute impunité, laisser agir ces puissants armement au détriment de la pêche artisanale française ... La police des pêches a un cout, c'est évident, mais n'oublions pas les amendes infligées par la commission européenne à la France il y a quelques années pour ses manquement en matière de contrôle(plusieurs dizaines de millions d'euros). Que devons-nous faire, abandonner les contrôles, payer des amendes et laisser les bandits se servir? Qui est censé faire du contrôle des pêches en France métropolitaine: les Affaires Maritimes, la Marine Nationale, la gendarmerie, la Douane. Affaires Maritimes: 2 patrouilleurs entre 10 et 20 déroutements/an Que dire du cout des patrouilleurs de la marine (sur Cherbourg et Brest ce sont pas moins de 5 ou 6 six navires) et de leurs résultats... combien de déroutement/an 0 ou presque... Gendarmerie: 0 déroutement... Douane: 0 déroutement... Toutes les infractions "pêche" ne sont pas forcement suivies de déroutements, mais les amendes tombent... En matière de police des pêches il y a tout de même des pro et puis il y a les autres... Pour les amendes l'état devrait appliquer systématiquement le max prévu par la loi, il y aurait moins de vilains. A bon entendeur Salut!
    Ajouté le 4 février 2012 à 18h02
  • Yvo Veridicus
    Amendes bien trop faibles
    Cet article est d'une clarté éblouissante qui met bien en lumière le coût de surveillance du droit sur les quotas de pêche.détournés abusivemenf. Prenons l'hypothèse haute de fraude rapportée et des déroutements positifs: 4 à 20.000 EUR cela ne fait que que 80.000 EUR d'amende auxquels il faut ajouter les ventes des plafonds dépassés, il en résulte une somme dérisoire par rapport aux frais engagés à l'année par l'Etat pour la surveillance, je n'ose chiffrer le coût de revient des deux bateaux Thémis et Iris. Chacun aura vite compris l'énorme diférence et le coût pour l'Etat d'une telle différence, les malhonnêtes sont bien faiblement pénalisés .
    Ajouté le 1 février 2012 à 10h11

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