21 octobre 2009
Sur les 35personnes qui travaillent au Pôle Emploi de Douarnenez, une quinzaine étaient en grève, hier. Rencontre, avant le départ pour la manifestation régionale.
Sur le site du Pôle Emploi de Douarnenez, en place depuis deux mois, on déplore avant tout l'exiguïté des locaux. «Il y a la dégradation de nos propres conditions de travail, qui font que notre premier souci en arrivant le matin consiste à savoir si nous trouverons un bureau pour nous y installer. Mais il y a surtout le manque de confidentialité pour les usagers qu'engendre cette exiguïté», confie notamment Laurent Quéré, conseiller «ex» Anpe.
Manque de confidentialité
«Pas plus tard qu'hier, une personne récemment licenciée par Asteel et qui n'avait jamais été au chômage jusque-là a dit à la personne de l'accueil qu'il était hors de question qu'elle «déballe» au guichet les problèmes d'argent liés à sa nouvelle situation», illustre une collègue de l'«ex» Assedic.
«Usine à gaz»
Dans la fusion Anpe-Assedic, «tout s'est fait à marche forcée, résume Laurent Quéré.Nous sommes surchargés de travail. Nous suivons environ 120 personnes chacun, alors que nous sommes censés en suivre la moitié». Une surcharge accentuée par le nouveau système de gestion des indemnisations. «Une usine à gaz» se désole l'équipe. «Le nouveau système informatique est totalement inadapté aux nouvelles situations de précarité», explique Marie-Pierre Brichard, «ex» Assedic.
«On ne repère plus les personnes en difficulté»
«Il n'est pas rare, témoigne-t-elle, surtout depuis l'avènement des chèques emploi-service, que des personnes aient eu, au cours des mois précédant leur perte d'emploi, jusqu'à trente ou quarante employeurs différents. Des particuliers, souvent. Pour prétendre à indemnisation, il leur faut présenter toutes les fiches de paie et toutes les attestations d'employeurs. S'il manque un seul document, ce qui n'est pas rare, notamment quand une personne âgée a employé quelqu'un et qu'elle est décédée, c'est tout le dossier d'indemnisation qui est bloqué. Ce qui peut mettre certaines personnes dans des situations financières graves. Mais comme on est contraint de faire du traitement de masse, on ne repère même plus ces personnes en difficulté. On ne parvient plus à faire le distinguo entre la personne volontaire et celle qui ne l'est pas». «Ce que nous attendons de ce mouvement de grève, c'est que l'on respecte nos métiers, insiste Laurent Quéré. Celui de l'indemnisation d'une part, celui de la recherche d'emploi, d'autre part. Pas qu'on nous demande de mixer les deux. C'est mission impossible».
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