18 octobre 2009
Une initiation à la langue berbère va faire partie de l'offre de la MJC. Pour ceux que cela intéresse, une réunion aura lieu mardi. Rencontre avec Moussa Amellal, qui va l'animer.
La MJC était en quête d'une personne susceptible de prodiguer à ses adhérents une initiation à la langue arabe, à la demande de quelques-uns. «Pour se cultiver, pour voyager», résume Véronique Métayer, directrice-adjointe. Contacté, Moussa Amellal a très vite convaincu la MJC que c'était au berbère qu'il fallait faire une place, plutôt qu'à l'arabe.
Confusion entre arabe et berbère
Enseignant, Moussa Amellal vit à Douarnenez. «Il y a confusion entre arabe et berbère, explique Moussa Amellal. Par exemple, si vous croisez un Algérien, à 99%, vous pensez qu'il est Arabe. Et bien dans 99% des cas, il est Berbère, comme moi. Je suis Nord Africain d'abord, puis Algérien et Kabyle, de l'une des nombreuses régions formant le territoire berbère, avec les Chaouis, les Mozabites, les Touaregs, etc». C'est ainsi que se présente celui qui a dû fuir Tizi Ouzou, ville universitaire algérienne, en 1974. Avec une poignée de camarades, il exigeait de passer les épreuves du bac dans sa langue, le kabyle, plutôt que dans ce qu'il était convenu d'appeler la langue officielle, l'arabe. «C'était - et c'est toujours- la langue de l'administration, celle que l'on veut imposer mais, en réalité, la grande majorité des Algériens parlent très mal cette langue. Tous parlent bien mieux le français! Et le berbère, avec ses variantes suivant les régions». Une langue qui a été combattue au fil des colonisations. C'est l'un des moyens les plus forts pour soumettre un peuple, on le sait.
Une langue en danger
«L'arabe est enseigné partout en France et nombreux sont ceux qui passent le Capes ou le bac avec l'arabe en option obligatoire, poursuit Moussa Amellal. En revanche, les quelque 3.000 candidats au bac qui, chaque année, passent l'épreuve avec le berbère facultatif, comme ils en ont la possibilité, ont bien du mal à se préparer, car il n'existe pas de filière de formation dans l'Éducation Nationale, contrairement à l'arabe. Ils doivent passer par le milieu associatif, le bénévolat ici et là. Le berbère est une langue en danger. C'est pourquoi j'ai créé, avec des amis dans la région de Rennes «Awal Imazighen», «La parole berbère»».
Pratique Initiation à la langue berbère, réunion d'information avec Moussa Amellal, mardi prochain, 20octobre, à 18h30, à la MJC de Douarnenez, 11, boulevard Camille-Réault. Tél.02.98.92.10.07.
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