23 septembre 2009
Comment faire entrer dans le budget d'un jeune ménage un projet de maison rigoureusement écologique? La réponse avec Grégory Peuziat, 28 ans et déjà propriétaire.
Comme tous les jeunes couples avec enfants, Grégory et sa compagne rêvaient de troquer les 35m² de leur appartement pour une maison avec jardin. Oui mais. Avec un budget serré et au prix de la construction...
Sur un terrain dont personne ne voulait
Il en fallait plus pour les décourager. Avec sa double formation de plombier-chauffagiste et d'agronome, Grégory savait parfaitement ce qu'il voulait. Il voulait «vivre dans une maison saine. Surtout pour nos deux enfants». Première étape: le terrain. Le prix moyen du m² à Douarnenez étant hors de portée de leur porte-monnaie, ils jettent leur dévolu sur une friche située au pied des HLM de Kermarron. En pente et trop grand (2.500m²). Donc invendable. Sauf à Grégory, qui propose à un couple d'amis d'en acquérir la moitié, à 26 EUR le m². Ce sont ainsi deux maisons qui s'érigeront ensemble sur cet espace. Économies de moyens. Deux maisons à ossature-bois, sur pilotis, question de rattraper la pente à peu de frais. Celle de la famille Peuziat ne sera pas bien grande, mais sacrément sympathique, avec sa vaste avancée couverte, à l'image des chalets. L'immeuble à l'arrière est vite oublié, la maison lui tournant le dos. Le bruit de la route en bas: «on est en ville!», relativise Grégory, se réjouissant déjà du joli jardin dans lequel ses bambins vont bientôt courir avec leurs petits voisins.
Auto-construction et conseils gratuits
Grégory s'est fait «livrer» sa maison «hors d'eau-hors d'air», avant d'entreprendre de faire pratiquement tout le reste lui-même. Isolation avec de la ouate de cellulose pour les murs extérieurs, de la fibre de bois pour l'intérieur, plaques en gypse pour les cloisons, fenêtres en bois... Tout cela avec les conseils du constructeur, John Bradshaw, de K2 Construction. Des conseils gratuits.
Nouvelle vision de l'économie
«Si nous voulons que ce genre de maisons saines, économiques et écologiques existe, c'est ainsi qu'il faut procéder», assure le charpentier. Paradoxal? «Pas du tout», explique Anaïg Baillard, de CapBio (lire ci-dessous). «Aujourd'hui, ces maisons coûtent plus cher que les autres à fabriquer. Pour qu'elles existent malgré tout, il faut encourager l'auto-construction. Les professionnels de l'éco-construction ont donc tout intérêt à travailler avec leurs clients, s'ils veulent travailler eux-mêmes». C'est le cas de Fabrice Chotin, de Batiscop, qui effectuait hier des mesures d'étanchéité à l'air de la maison, avant de conseiller Grégory sur la manière de remédier à certaines imperfections dans l'isolation. Idem pour Nicolas Deniaud, électricien spécialisé dans le «bio-compatible», au fait des questions de pollution électromagnétique dans la maison. Deux jeunes artisans qui assurent «vivre parfaitement bien de leur métier». Eux et une vingtaine d'autres seront à rencontrer prochainement au salon Ecobio-Bâtir à Poullan (lire ci-dessous).
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