Asteel. 134 salariés sur le carreau
Le jugement du tribunal de commerce de Quimper a été rendu hier matin. Le site Asteel, de Lannugat, est mis en liquidation totale. Les 134salariés vont bientôt recevoir leur lettre de licenciement. Séisme social.
Hier matin, la décision du tribunal de commerce n'a vraisemblablement pas surpris les salariés du site douarneniste. Depuis le début de la semaine, les membres du comité d'entreprise savaient que l'administrateur nommé en juin dernier parlait de liquidation du site (Le Télégramme d'hier). À la sortie du tribunal, Christian Le Floch, délégué CGT du CE se disait «dégoûté». Dans le même temps, il savait déjà que «la liquidation était inéluctable». «C'est une liquidation totale mais pas immédiate. Le site bénéficie effectivement d'une prolongation d'activité d'environ un mois, pour une dizaine de personnes à la productionet pour les administratifs. L'activité se fera sur la base du volontariat et sera payée en heures supplémentaires. En tout, une vingtaine de personnes vont être concernées», poursuivait-il. Pour les autres salariés: «Pas de travail lundi ni mardi. Une réunion est prévue vers le 15septembre avec le liquidateur, Paul-Henri Soret. Les procédures de licenciementdevraient arriver chez les salariés dans les trois semaines».
«Volonté de fermer le site»
En juin dernier, les salariés ont refusé le plan social qui concernait 44 salariés. Dès lors, la direction a déposé un dossier de cessation de paiement devant le tribunal de commerce. Et, après deux mois de mise en redressement, la société a été liquidée hier. Mais, depuis le début, le délégué CGT du CE est «persuadé que la direction voulait fermer le site de Douarnenez». «Le plan social proposé en juin dernier ne concernant sans doute que 44 salariés mais il ne pouvait pas sauver le sitede Lannugat», estimait-il encore. «C'est d'ailleurs ce qu'a noté l'administrateurdans le rapport qu'il a remis au juge». Hier, le directeur du site, François Ryckebusch, répondait simplement: «Pas de commentaire».
«Du gâchis»
En déplacement à Falmouth, dans le cadre d'une délégation de jumelage, William Boulic, président de la communauté de communes - qui a la compétence économique pour le Pays de Douarnenez -, ne cachait pas sa déception, hier, au téléphone. Parlant de «vrai gâchishumain et économique», il se désolait surtout de voir comment le conflit avait évolué en quelques mois. Et surtout de voir comment il avait finalement «conduit à la fermeture totale de ce site industriel». «La porte de sortie en juin, avec le plan social pour 44 salariés, n'a pas été choisie par les salariés (lire ci-dessous), et maintenant c'est tout le site qui ferme. À une voix près, les salariés ont décidé de poursuivre le conflit et on passe maintenant à 134 licenciements. Et les conditions sont maintenant très différentes pour tous les licenciés. Dans ce vote, on voit que les abstentions ont pesé très lourd». Même propos du sénateur-maire Philippe Paul qui parlait, hier, de «catastrophe humaineet de catastrophe économique pour le site et pour tout le bassin d'emploi». Cette liquidation d'Asteel est un coup très rude pour Douarnenez. En quelques années, le site de Lannugat a déjà perdu plusieurs centaines d'emplois.
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3 réactions
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Alternatifs Dz
ASTEEL, C'EST LA LOI DU CAPITAL
C'est au moment où, réunis en université d'été, les patrons du MEDEF redoublent d'exigences pour encore plus de flexibilité, encore plus de liberté de licencier, encore plus de casse des protections sociales que le Tribunal de Commerce a prononcé la liquidation d'ASTEEL-Douarnenez. Tout un symbole! Les salariés d'ASTEEL ne sont pas les victimes d'une fatalité économique, mais de la stratégie de prédateurs développée par leur direction; une attitude qui est la logique même du capitalisme pour qui ne comptent que les profits des actionnaires. Et les profits, le groupe ASTEEL en engrange de confortables. Tant pis pour la vie des femmes et des hommes qui, au quotidien, font tourner les entreprises!
ASTEEL à Douarnenez, c'est probablement la fin d'une histoire. Pour autant, le site de l'usine appartient à la Communauté de Communes; il y a un savoir faire, des compétences chez les salariés qui méritent mieux que cette liquidation programmée. Les douarnenistes sont en droit d'attendre de la Collectivité qu'elle se mobilise enfin pour promouvoir un nouveau projet industriel permettant de retrouver sur le site une activité génératrice d'emplois y compris, pourquoi pas, au travers d'une formule de coopérative ouvrière.
La solidarité doit continuer à s'exercer envers les salariés d'ASTEEL qui vont désormais être confrontés au chômage. Malheureusement, les salariés d'autres entreprises de notre bassin d'emploi pourraient connaître la même mésaventure dans l'avenir. Il y a urgence à ce que les forces progressistes de cette Ville se mobilisent et définissent une stratégie de résistance et de contre-offensive aux dégâts du capitalisme; une stratégie de contrôle populaire des outils de production afin qu'on puisse continuer à vivre et travailler à Douarnenez
Ajouté le 6 septembre 2009 à 19h54
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Cocodz
Des profits et on licencie!
Liquidation judiciaire d'Asteel! Où est la justice ? Le PDG Benhammou a désorganisé sciemment le site de Douarnenez après en avoir tiré dans un premier temps des bénéfices. Pas d'investissement ni en matériel ni en formation , aucun effort commercial , promesses de rapatrier des productions non tenues.... Recours à la collectivité locale achetant pour lui louer ses locaux...
Mensonges, manipulation et chantage tout a été fait pour casser la résistance des salariés. Selon certains , accepter les conditions patronales , au nom du réalisme , aurait permis de sauver le site : on voit aujourd'hui qu'il s'agissait de tout liquider aux meilleures conditions pour un patron goinfré de profits.
Le PCF avait déposé une proposition de loi visant à interdire de tels licenciements et à donner des pouvoirs accrus aux salariés : cela aurait éviter ce qui se passe chez Asteel comme en bien d'autres endroits. Refus de l'UMP et du gouvernement pour qui il ne faut en rien contrarier de tels agissements au nom de la liberté de l'entreprise!
Et maintenant ? Quelle reconversion possible des salariés? Comment leur tenir l'insupportable discours sur la nécessité de travailler plus longtemps alors que l'on vient de les jeter hors du monde du travail sans qu'ils ne portent aucune responsabilité dans la situation?
Au quotidien comme en proposant des solutions d'avenir , les communistes sont et resteront à leurs côtés
La section du PCF de Douarnenez
Ajouté le 5 septembre 2009 à 09h16
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gaud...
dramatique
ce sont des méthodes de voyous on sait qu'asteel se porte bien et qu'il avait décidé de partir pour des raisons de profit
alors lorsque les salariés se sont révoltés contre leur directeur ils avaient raison .
avec de belles promesses on a fait reprendre les non licenciés en leur disant mieux vaut le départ de 44 salariés que la fermeture de toute l'usine , a l'époque je m'étais exprimé disant que c'était reculé pour mieux sauter en septembre et ça y est c'est fait .
au total 178 salariés sur le carreau et sur notre ville 178 chômeurs de plus cela n'est pas rien .
une fois de plus les patrons gagnent au détriment des travailleurs , cette société a pourtant bien profité des aides locales , mieux ils ont pressé le citron jusqu'au bout , la logique voudrait que la communauté de commune et la municipalité demande le remboursement intégrale des loyers et autres avantages., car c'est avec nos impôts que cette société avait accepté de continué son activité sur la commune .
Ajouté le 5 septembre 2009 à 12h44