11 septembre 2009 - 2 réactions
Algues vertes et santé publique. Un débat sur ce thème aura lieu ce soir salle des fêtes, en présence d'experts. Et du propriétaire du cheval mort sur une plage costarmoricaine.
Le docteur Claude Lesné, du CNRS, viendra parler ce soir à la salle des fêtes des risques encourus en cas d'inhalation d'hydrogène sulfuré, ce gaz toxique dégagé par les algues vertes en décomposition. Le propriétaire du cheval dont la mort serait due aux émanations de ce gaz sur la plage de Saint-Michel en Grève, dans les Côtes d'Armor, viendra témoigner. Interviendront dans le débat qui suivra l'exposé, Hervé La Prairie (De Navigatio) et Jean-Paul Guyomarc'h (Eau et Rivières de Bretagne).
L'État, premier responsable
«Les ambitions politiques ne sont jamais à la mesure de l'enjeu», assène d'emblée Jean-Paul Guyomarc'h, dès qu'on le questionne sur ces fichues marées vertes. «C'est pour cela que l'on n'y arrive pas. Les résultats, ils sont où?». Le ton est donné. Pour lui, le premier responsable, c'est l'État. «L'État s'est comporté dès le début et continue de se comporter, sur ce sujet, de manière totalement irresponsable! Il est pourtant là pour faire appliquer les règles de la République! Mais ce laxisme, en plus de l'allégeance faite aux lobbies qui ont permis l'extension d'élevages, conjugués au manque de courage politique, nous ont menés au résultat que l'on constate aujourd'hui». Le monde agricole n'est pas exempt de critiques, évidemment. «Il n'a pas su anticiper la crise économique qui le mine aujourd'hui, avec ses conséquences sur l'environnement». Et de rappeler que la Bretagne produit 60% du porc français, 40 ou 50% des bovins, 30 ou 40% de la volaille, sur 8% du territoire. Tout cela exporté à 90%, dans un marché devenu extrêmement concurrentiel.
Raisonnement administratif aberrant
Sur la question de la lutte contre les excès de nitrates, à l'origine de la prolifération des algues vertes, «on n'a pas raisonné en tenant compte de la géographie, mais selon un découpage administratif par cantons. C'est aberrant! s'indigne le biologiste. Cela n'a aucune valeur sur le terrain de la gestion de l'eau. Et pourtant, ce système irrationnel perdure!».
Mauvaises bases de travail
«Tous ces plans développés par les préfets, représentants de l'État, pour tendre à limiter les effets des nitrates, en partenariat avec le monde agricole, sont faux, archifaux. Ils ne remettent pas en question les systèmes intensifs. Alors qu'un raisonnement technique et rigoureux aurait dû se baser sur les véritables besoins des cultures et des sols. Mais non. On a simplement mis en place des systèmes de gestion des effluents d'élevages. Aujourd'hui, ce système a atteint ses limites et on ne sait plus quoi faire. C'est bien la preuve que le raisonnement de départ n'était pas le bon. D'autant qu'on a oublié plein de choses au passage, comme par exemple l'azote transféré dans l'atmosphère. Les nitrates proviennent aussi de l'ammoniaque, comme celui contenu dans les lisiers. 50% de ces nitrates évaporés retombent sous forme de pluie. 160.000t par an». Pas de doute, la question est loin d'être réglée. Pourtant, l'état d'urgence est déclaré. Pratique «Algues vertes et émanations toxiques, les effets sur la santé publique de l'hydrogène sulfuré». Conférence, débat citoyen, ce soir, à 20h30, salle des fêtes, au-dessus des Halles. Entrée libre.
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