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Parc marin. En attendant la décision du Cap

16 mai 2011

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Le Parc naturel marin d'Iroise entre doucement dans les moeurs. Une réunion d'information a fait salle comble, vendredi soir au cinéma Le Goyen, et suscité un débat animé. Elle était organisée par trois associations locales de défense de l'environnement : l'Asele (Esquibien), Démel (Plouhinec) et Gama (Audierne).

Il était attendu qu'une telle réunion, tenue dans le Cap-Sizun - le seul territoire qui ait jusqu'à ce jour refusé son intégration dans le périmètre -, fasse des vagues. Mais Pierre Maille, le président du PNMI, très à l'aise, vendredi soir, à Audierne, a renvoyé toutes les balles et désamorcé les dérapages. Jacques Paul, président de Démel, a indiqué, en préambule, le but de la réunion : informer le public, sans cacher que les trois associations qui en avaient pris l'initiative étaient favorables au PNMI, qu'elles considèrent comme un moyen de développement du territoire. Le directeur du Parc, Thierry Canteri, a réalisé un exposé à la fois complet et rapide (le temps de chaque intervenant étant mesuré) pour expliquer l'organisation, le fonctionnement et les objectifs de la structure, créée en 2007 et opérationnelle depuis 2008. Le Parc, c'est une équipe, un budget propre, un bateau. Ses objectifs: conserver les caractères remarquables des milieux inclus dans le périmètre, y développer les activités de loisir, professionnelles et touristiques ; apporter une contribution à la connaissance scientifique de ces milieux.

Une gestion démocratique

Thierry Canteri a souligné que le Parc ne constituait pas une réserve et ne définissait pas une règlementation. Il semble que ce dernier point n'ait pas été perçu facilement, puisque Pierre Maille, interpellé sur la «gouvernance» au PNMI, a dû répéter qu'elle était exercée par le conseil de gestion, où aucun des partenaires n'avait la majorité (personnel de l'État, élus, représentants de la pêche professionnelle, de la plaisance, des associations). «Les décisions sont prises démocratiquement, à la majorité. Le Parc ne peut pas faire de règlementation, cela incombe aux services de l'État, en revanche il peut proposer de faire évoluer des règlementations existantes».

Des divergences au sein du conseil

Les réglementations restent la bête noire des opposants. «Le document d'objectif est équivoque», dit Joël Perrot, vice-président de l'Advili, qui siège pourtant au conseil de gestion. «Il préfigure de nouvelles réglementations pour les pêcheurs de loisir». Yves Poulhazan, président de Gardons le Cap, estime, lui aussi, qu'il s'agit d'une «structure onéreuse et superflue», d'«un projet qui ne correspond pas à l'usage de nos traditions respectueuses de l'environnement». Sur les dépenses engendrées par le PNMI et l'agence des aires marines protégées, Pierre Maille a dû corriger les chiffres avancés par Yann Launay, de Gardons le Cap: «Les 150millions d'euros que vous citez représentent la somme dont l'agence aura besoin d'ici 2020. Le parc en est loin aujourd'hui, avec environ 20millions d'euros de budget». Contestation aussi sur la gestion du parc par l'Advili, qui accuse les bolincheurs de racler les fonds et le Comité régional des pêches, qui était représenté par André Le Berre, de ne pas prendre de mesures à ce sujet. Une gestion qui ne doit pas être facile à mener tous les jours: Pierre Maille fait remarquer à l'Advili qu'elle n'a pas voté contre le conseil de gestion, mais s'est abstenue.

Le Cap-Sizun: dedans ou dehors ?

Inévitable, la question de l'intégration du Cap-Sizun au Parc marin. Jean-Pierre Kerloc'h, maire de Sein, a raconté son parcours: d'abord opposé au parc, il s'y est rallié et apprécie son aide dans les domaines de l'assainissement et de la préservation du littoral. La commune de Plouhinec a donné également un avis favorable. «Prochainement, a dit Pierre Maille, j'irai voir les élus du Cap pour faire le point». Il a ajouté: «La réglementation doit s'appliquer, autant bénéficier de la dynamique collective, plutôt que de rester à part et de n'avoir que les inconvénients». Le bon sens contre le romantisme exprimé par l'ex-président de l'Advili: «Nous ne sommes plus dans une mer de liberté».
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