23 septembre 2009
Rarement ouverte au public, la maison-phare du Millier a reçu ce week-end, à l'occasion des Journées du patrimoine, près de 400 visiteurs. Il n'y a plus de gardien dans la maison mais le feu continue à veiller sur la baie de Douarnenez.
Actuellement, des travaux sont en cours dans la bâtisse. Une association, l'ASCEE (association sportive culturelle et d'entraide de l'équipement), qui dépend d'une fédération nationale et dont le siège est à Brest, a entrepris de la transformer en gîte. «L'une de nos activités est de récupérer les anciennes maisons de gardien, puis nous les restaurons et nous les mettons à la disposition des agents de l'équipement au niveau national», explique le président Claude Jaffré. L'ASCEE a déjà réhabilité treize maisons de gardien dans le Finistère, dont une à l'île de Sein. Celle de la Pointe du Millier a d'ailleurs sa réplique à Beg Leger, dans les Côtes-d'Armor. Le feu du Millier continuant à fonctionner, il faudra que l'association signe une convention avec les Phares et Balises pour que le gîte puisse cohabiter avec la lanterne.
«Tan ar Millier» transformé en gîte
Les bénévoles ont reçu les visiteurs au rez-de-chaussée de la maison feu, «Tan Ar Millier», l'étage étant provisoirement condamné pour cause de sécurité. Mais même à ce niveau, la vue sur la baie de Douarnenez est époustouflante. Il y a huit ans, l'administration a mis le bâtiment hors d'eau. Il y a eu des travaux importants à faire, notamment l'éradication de la mérule. L'association a pris le relais pour l'aménagement intérieur. Elle compte mener à bien le chantier en deux ans. La maison pourra accueillir huit personnes. Actuellement, l'ASCEE et la mairie planchent sur le problème de l'assainissement. Un petit local indépendant pourrait servir de sanitaires, pour les locataires du gîte mais aussi pour le public, nombreux à visiter le site, l'un des plus beaux du Cap-Sizun. Une opération de valorisation touristique pourrait d'ailleurs se mettre en place en coopération avec le moulin voisin de Kériolet. Au cours des portes ouvertes des familles d'anciens gardiens sont revenues sur les lieux avec émotion. Quant à la population locale, «Elle est rassurée sur le devenir de ce bâtiment», souligne Claude Jaffré. Certains visiteurs ont, quant à eux, exprimé leur inquiétude à propos du devenir de l'extraordinaire patrimoine constitué par les phares, surtout par les phares en mer.
Depuis 1880
La maison-feu du Millier a été construite en six mois par une entreprise de Pont-l'Abbé, en maçonnerie de leucogranite. Celle-ci est allumée pour la première fois en 1880. Au départ, c'est une simple lampe à pétrole à mèche. En 1911, un manchon remplace la mèche. En 1932, le feu, qui fonctionne toujours au pétrole, devient un feu à occultations. Dans la période 39-45, les Allemands enlèvent l'optique du feu et le transforment en mirador. Aujourd'hui, il est télécontrôlé depuis le centre d'exploitation et d'intervention de Brest.
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