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Aquacap. Un licenciement qui fait des vagues

31 octobre 2009

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«Ici, licenciement abusif». Décrochée hier matin, une banderole a orné pendant quelques jours le fronton de la piscine Aquacap, à Esquibien. Explications.

«Nous avons effectivement licencié un maître-nageur récemment», convient tout à fait sereinement Laurence Hébert, directrice de cet équipement intercommunal, géré par le groupe Espace Recréa, dont elle est la salariée. «Ceci en raison de faits qui, chez Recréa, ont été jugés très graves», poursuit la jeune femme.

Comportement verbal «inacceptable»

Et d'expliquer que ce maître-nageur, recruté début juillet, a eu un comportement verbal «inacceptable» à l'égard d'enfants de classes de CE1-CE2 de l'école publique Pierre-Le Lec d'Audierne, lors des premières séances de natation scolaire, en septembre. Des faits rapportés par écrit par les parents de ces jeunes écoliers à la direction d'Aquacap, par la directrice de l'école elle-même, ainsi que par la maire d'Audierne, saisie par des parents. «Je vais vous taper dessus avec la ?frite ?» (objet en mousse pour les exercices aquatiques, Ndlr); «Si vous n'êtes pas sages, je vous casse les dents», ou encore «si vous enlevez votre bonnet, je vous rase la tête». Voilà ce que les enfants ont rapporté à leurs parents.

Le maître-nageur est un pédagogue

Des enfants de 7-8 ans qui considèrent le maître nageur avec la même candeur que le maître d'école et qui ont donc été «choqués par ces expressions, au point que certains ne voulaient plus revenir à la piscine», explique Laurence Hébert. L'excuse de «deuxième degré», évoquée par le maître-nageur pour sa défense, n'a pas été acceptée par les parents. «À huit ans, un enfant ne comprend pas le second degré et les pédagogues le savent», commente un parent, ajoutant «que dans la mission du maître-nageur, il y a une dimension pédagogique essentielle».

Aux Prud'hommes de trancher

«J'ai réuni mon équipe jeudi soir, car elle avait besoin d'être écoutée sur cette affaire, poursuit Laurence Hébert. Mais je lui ai expliqué que la banderole et la pétition n'étaient pas la meilleure manière de défendre leur collègue, poursuit-elle. Ce n'est pas en prenant en otages nos clients et en faisant une mauvaise publicité pour l'établissement que celava changer les choses pource maître-nageur. Nous avons mûrement réfléchi notre décision de le licencier pour faute grave, ce que nous n'avons fait qu'une seule fois sur tout le groupe Recréa. J'ai dit à mon équipe que si elle estime que ce n'est pas une faute grave de parler ainsi à des enfants, et bien qu'il fallait inciter le maître-nageur à saisir le tribunal des Prud'hommes, qui trancherait la question. Jecrois que c'est ce qu'il va faire».

  • Marie-Line Quéau
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