Conseil communautaire. Cap sur les projets durables
Centrale solaire, filière bois-énergie, valorisation des déchets, mais aussi liaison transrade, rénovation du VVF d'Argol... En Presqu'île, on ne reste pas les deux pieds dans le même dossier.
Il est content, Daniel Moysan. Il est vrai que le président de la communauté de communes a de quoi se réjouir. «Les principaux indicateurs de notre situation budgétaire sont au vert, ce qui n'est pas rien par les temps qui courent». Un satisfecit que l'édile illustre en citant «une capacité d'auto financement stable de 25 EUR/habitant et un encours de la dette qui continue à diminuer». Du coup, ça donne de l'oxygène pour insuffler des projets. Lesquels ne manquent pas. À commencer par tout ce qui concerne le développement durable, cap sur lequel la Presqu'île ne dévie pas d'un degré.
Des déchets bien soignés
Ainsi, la future unité de valorisation des matières fermentescibles permettra de valoriser 2.500t d'algues vertes, 5.500t de déchets verts et 120t d'ordures ménagères pour en faire du compost. Un produit «normé» qui servira aux agriculteurs et aux particuliers. Coût estimatif: 2MEUR, dont 770.000 EUR de subventions. Toujours dans les déchets, mais inertes ceux-là, les artisans disposeront bientôt d'une unité de stockage à Kerdanvez, avec cellule spéciale pour l'amiante. Les premiers coups de pioches seront donnés dans l'année.
Une filière bois-énergie
Concernant les énergies renouvelables, deux projets commencent à chauffer: la filière bois-énergie et la centrale solaire au sol. Le premier consiste à planter des saules à Argol. À partir du mois prochain, ils pousseront sur une surface de 10ha. 5ha supplémentaires suivront à la fin de l'année. Dans trois ans, ces taillis à très courte rotation (TTCR) seront broyés pour finir en plaquettes de bois de chauffage pour le commerce et les particuliers. Des agriculteurs se sont montrés favorables pour compléter cette filière bois-énergie avec du bois de bocage. Confiée à une entreprise et à un expert forestier, l'opération revient environ à 80.000 EUR.
Une centrale solaire
Quant à la centrale solaire, elle devrait rayonner, en 2014, sur l'ancienne décharge de Kerdanvez. Confiée à un groupement breton (Armor Green, Quénéa et IEL), la centrale produira 2.152MW/h, soit la consommation de 700 foyers. Avec cette électricité revendue à ERDF, la communauté de communes table sur une recette de 30.000EUR par an. Enfin, l'usine d'eau potable de Poraon, qui ne répondait plus aux normes, a déjà commencé à faire sa mue. Problème: ce chantier de 2MEUR ne recevra ses subventions du département qu'en 2013. En attendant, il faudra donc emprunter. Mais, promis juré, d'ici la fin de l'année, une eau exempte de trace de glyphosate, «le roud-up du commerce» selon Daniel Moysan, coulera dans les robinets presqu'îliens. Un débat d'orientations budgétaires limpide.
Le siège communautaire et le VVF d'Argol
Bâtiment communautaire. Le projet consiste à agrandir le bâtiment existant en créant un étage de bureaux, un local à archives au-dessus du garage existant, ainsi qu'un parking couvert de 242m². Dans la foulée, la restructuration consistera à créer des vestiaires pour femmes, à agrandir ceux des hommes et à réorganiser les bureaux au rez-de-chaussée. Cela permettra d'installer un ascenseur. Les personnes à mobilité réduite apprécieront. Les 42 agents aussi, car ils commencent à être un peu à l'étroit dans leurs murs. D'autant que ces temps derniers, il y a eu quelques recrutements et que ce n'est pas fini. Un conservateur/animateur est en cours de recrutement pour suivre le projet d'Espace Remarquable de Bretagne et la Route de la géologie. Les travaux devraient débuter à l'automne. Le coût est estimé à 420.000EUR, en partie supporté par une subvention de l'État, souhaitée au titre de la dotation d'équipement des territoires ruraux (DETR). Le VVF d'Argol. Construit dans ses années 70, le centre de vacances accuse son âge. Ajouté à cela, il ne répond plus vraiment aux attentes des touristes. Dans un premier temps et pour un montant de 240.000 EUR, on va donc lui couvrir sa piscine. Cela le rendra plus attractif, notamment en début et fin de saison où la météo n'est pas toujours au rendez-vous. Au milieu non plus d'ailleurs. Dans un second temps, les 28logements actuels seront remplacés par dix mobile-homes et dix chalets bois de 40m². Coût du remplacement: 1,3MEUR. Une charge financière totale de 1,6MEUR qui ne coûtera rien à la collectivité, la rénovation étant subventionnée par le département, la Région, l'État, l'Europe et VVF. Musée des Vieux métiers. Il a besoin d'un hangar pour stocker son matériel. Les travaux devraient commencer à l'automne pour un coût de 70.000EUR.
Des avancées dans le projet de liaison
La Presqu'île se rapproche encore un peu plus de Brest. Le dossier de liaison transrade tient, en effet, de plus en plus la marée. «Une première réunion plénière du comité de pilotage a permis d'appréhender l'économie générale du projet», rapporte Daniel Moysan. La société Azenor croit plus que jamais à ce projet, qu'elle estime viable. Erwan Le Bihan, son patron, se dit prêt, dés septembre, à mettre en oeuvre huit trajets quotidiens Brest-Le Fret, avec des allers et retours en 20minutes.
Qualification de service public
Quant à la structure transport de Brest Métropole Océane, elle est favorable à la qualification de service public de ce transport. «La communauté de communes aussi est prête à prendre sa part dans ce montage, pas moins mais pas plus, sachant que nous ne possédons pas la compétence transport, contrairement au conseil général», rappelle le président communautaire. «Pour les îles, pas les presqu'îles», précise Louis Ramoné. Une deuxième réunion est programmée pour la fin du mois de février, afin d'étudier toutes les réponses que chacune des parties prenantes aura fait parvenir sur cette économie générale du projet. Réunion à laquelle Louis Ramoné a invité la Marine à être présente, conscient que ce transrade civil peut intéresser bien des militaires.
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