7 novembre 2009
Les électeurs de gauche qui attendent de connaître les intentions de Yolande Boyer pour 2014 devront encore patienter. «Chaque chose en son temps», martèle-t-elle.
Vous avez reçu ce week-end l'insigne de Chevalier de la Légion d'honneur des mains de Louis Le Pensec. C'est important pour vous, ce type de reconnaissance?
C'est effectivement une reconnaissance, c'est même la plus haute distinction de la République. En plus, il y a une minorité de civils à la posséder et une encore plus grande minorité de femmes. Tout le sens de l'engagement politique que j'ai eu, et que j'ai encore, est de défendre les valeurs de la République qui réunit des hommes et des femmes d'horizons différents et de faire avancer les choses. En plus, tout le monde sait que je suis une militante féministe, et du droit de la personne humaine, que je défends par tradition familiale.
Cette cérémonie a aussi été l'occasion d'un retour sur votre carrière politique. Vous avez été conseillère régionale, sénatrice et deux fois maire. Qu'est-ce qui vous motive encore à faire de la politique, qui plus est, dans l'opposition?
La défense de valeurs qui ont toujours guidé mon action, comme celle de l'intérêt général et du travail en équipe, et qui ont toujours été les moteurs des équipes que j'ai animées. Croyez-moi: ce n'est pas toujours aussi simple, face à cette logique des passe-droits qui irrigue notre société. Mais c'est le sens de mon engagement.
Un an et demi après l'élection, quel rôle vous donnez-vous aujourd'hui au sein de la gauche châteaulinoise?
Je suis une élue dans l'opposition, je fais mon travail et je compte bien continuer jusqu'au bout du mandat. J'ai aussi une certaine expérience au sein de cette liste qui réunit des anciens et des nouveaux et j'essaie donc d'en faire profiter à tous ceux qui le veulent bien. Mais ne croyez pas que cela va dans un seul sens: je transmets volontiers, mais eux aussi m'apportent beaucoup.
C'est un fait, en conseil municipal, on vous entend moins que Jean-Paul Urien ou David Caron. Est-ce délibéré de votre part?
C'est une illustration de cette volonté de transmettre des valeurs et de permettre aux plus jeunes de s'en emparer et de prendre leurs responsabilités. Et puis, c'est vrai, je suis sans doute moins présente que je ne l'ai été. Mais ça fait du bien aussi de souffler, et de faire autre chose...
Est-ce aussi une façon de passer le témoin, dans l'optique des prochaines échéances municipales?
Vous savez, on est à quatre ans et demi des prochaines municipales, on a le temps de voir venir. Dans notre mouvement, il y a des règles, des procédures, et on verra en temps voulu.
Ne pensez-vous pas tout de même que les militants, sympathisants ou simples électeurs de gauche attendent de connaître vos intentions?
Je n'ai pas perçu ça, en tout cas, personne ne me l'a fait savoir.
En ménageant le suspense, ne prenez-vous pas le risque de brider d'autres initiatives?
[--------] [/--------]Je le répète, chaque chose en son temps. On a bien d'autres échéances avant...
À commencer par les élections régionales. Qu'en attendez-vous?
Je peux vous le dire tout de suite: je ne suis pas candidate. En revanche, mon souhait est que ce territoire conserve une représentation et j'espère aussi que la région restera à gauche.
Que vous inspire la situation nationale au PS?
On vit une période très difficile, mais ce n'est pas parce qu'elle est difficile qu'il ne faut pas s'accrocher, surtout quand on voit les ravages actuels du libéralisme.
En même temps, lors des élections internes au Parti socialiste, vous avez soutenu Delanoë, qui se décrit lui-même comme un libéral-social.
C'est avant tout un homme honnête, droit et rigoureux, qui s'inscrit dans le sillage de Jospin auquel j'adhère moi aussi. Et c'est troublant de constater que la rigueur et la droiture conduisent à la défaite. C'est quelque chose qui m'interroge beaucoup: ce constat de la difficulté qu'on a aujourd'hui à faire que les valeurs d'intérêt général prévalent dans notre société, tournée vers l'individualisme. Cela s'est aussi vu dans la campagne à Châteaulin.
À Châteaulin, divers courants de pensée s'expriment au sein de la section socialiste. Comment faire pour garder la cohésion?
Il est constructif d'avoir différents courants de pensée, dès lors que ce ne sont pas de simples écuries au service d'un homme ou d'une femme. Moi, en tout cas, je ne suis pas dans cette logique et je me réjouis du travail de notre jeune secrétaire Yves Formentin, qui essaie de réunir anciens et nouveaux dans un esprit fédérateur, et qui travaille en parfaite osmose avec les élus.
«Il est constructif d'avoir différents courants de pensée, dès lors que ce ne sont pas de simples écuries au service d'un homme ou d'une femme».
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