19 juin 2012 - 1 réactions
À quoi pense-t-on lorsqu'on se réveille député?
Quand je me suis réveillé, j'ai pensé à tous mes amis qui étaient avec moi dimanche soir à Châteaulin et à Plounévézel. J'ai pensé à tous ces visages parce qu'il y avait beaucoup d'émotions, de chaleur humaine et de fraternité. Pour moi, cela compte beaucoup parce qu'il m'arrive encore de souffrir quand, en permanence, on voudrait faire sentir que je ne serais pas d'ici. Or, je me sens profondément parmi les miens ici. Cette victoire renforce ce sentiment. C'est l'aboutissement d'un long compagnonnage.
Comment analysez-vous cette victoire? Vous avez profité de la vague rose?
Je ne sais analyser ni les victoires, ni les défaites. Ce que je crois, c'est que les citoyens sont cohérents. Ils ont accordé 59% à François Hollande. Je ne suis pas loin de ça. Ils ont fait le choix de donner au président les moyens de travailler. De mon côté, j'ai apporté l'idée que je me battrai pour faire en sorte que ces politiques nouvelles se concrétisent sur notre territoire et que je serai un député utile et efficace.
Êtes-vous surpris de votre score?
Pour être franc, je ne m'attendais pas à un score aussi ample. Mais, quand je prends un peu de recul, je retrouve cette cohérence avec le score de François Hollande. Je n'avais pas fait de pronostics parce que j'étais dans l'interrogation pour la qualité des reports de voix. J'ai douté jusqu'au dernier moment.
Le premier dossier sur votre bureau, ce sera forcément Doux. Un député peut-il vraiment peser sur les décisions d'une entreprise?
Cet après-midi (NDLR: hier après-midi), j'ai une série de rendez-vous téléphoniques sur ce sujet. Je vais rencontrer le sous-préfet pour faire un point sur les enjeux de l'arrondissement. J'ai rencontré les syndicats, les éleveurs donc je vais prendre l'attache de monsieur Doux très rapidement. Je ne m'imagine pas y aller pour peser sur telle ou telle décision. Ce que je souhaite, c'est agir pour que l'on sauvegarde cette belle entreprise qui est indispensable à nos emplois, à notre filière et qui, en plus, se situe sur un marché d'avenir. Je dois être quelqu'un qui accélère l'action, qui est aux côtés des parties prenantes et qui joue un rôle de médiateur efficace.
Quelles commissions souhaitez-vous intégrer à l'Assemblée?
Je ne pense pas qu'il y ait de lien direct entre le fait de siéger dans une commission et les enjeux d'un territoire. Au fond, on serait utile dans toutes les commissions. Je vais y réfléchir mais il faut jouer sur la dynamique finistérienne. Les huit parlementaires finistériens devront travailler groupés.
Christian Troadec a indiqué qu'il souhaitait l'apaisement. Et vous?
Moi, j'ai toujours été paisible. Donc, je le resterai. Et, comme je l'ai dit, je travaillerai avec les 71maires de la circonscription et bien entendu avec Christian Troadec autant qu'il le souhaitera.
Comment est-ce possible quand on ne s'adresse pas la parole?
Et bien, on va le faire. Quand on reçoit un mandat, on a l'obligation absolue de servir l'intérêt général. Chacun sait que Christian Troadec et moi n'irons pas nécessairement ensemble en vacances mais chacun sait que, lui et moi, avons en commun de servir la population. Donc, nous le ferons ensemble parce que c'est notre devoir. Ce que je souhaiterais, c'est que dans la vie politique locale, on retrouve de la sérénité et de la décontraction. Dans une démocratie, la vie politique n'a pas à être guerrière.

18 mai 2013

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