12 octobre 2009
S'il est un endroit où l'on ne joue pas avec le feu, c'est bien à NobelSport. La poudrerie de Pont-de-Buis était à nouveau le théâtre d'un instructif exercice incendie, samedi matin.
«L'explosion dégagera un flux thermique important dans un temps de combustion très court», avait prévenu Michel Perano, chef d'intervention de l'entreprise. Effet garanti. Après avoir ressenti le souffle brûlant des flammes, l'envie de jouer avec des allumettes à NobelSport s'évapore soudainement. «Nous présentons cette démonstration à chaque nouveau salarié recruté et à chaque intervenant extérieur, censé intervenir dans les bâtiments. Moins pour leur faire peur que pour les sensibiliser au respect rigoureux des consignes de sécurité sur un site classé Seveso-seuil haut». Et encore, il n'y avait que 80kg de poudres (de produit équivalent en réalité) dans la petite bombe. Le bâtiment autour duquel les pompiers de Châteaulin et l'équipe de sécurité de l'usine éteignaient des flammes imaginaires, samedi matin, peut en contenir 80 tonnes! «Les secours arriveraient trop tard pour maîtriser le sinistre du bâtiment, c'est pourquoi nous concentrons l'exercice sur la végétation alentours».
200 bâtiments, 100 poteaux incendie
Auparavant, il y a eu cette alerte donnée à 8h40 pour un incendie sur un bâtiment de stockage - l'un des pires scénarios -, suivie de l'appel du chef de la sécurité de NobelSport, Sébastien LeTexier, aux pompiers de Châteaulin. Conformément à la procédure. Quand les 14 sapeurs châteaulinois commandés par Auguste de Bernardinis rappliquent avec leurs trois véhicules, la quinzaine d'ESI (équipiers de seconde intervention) de la poudrerie, sous les ordres de Marc Morio, ont déjà mis à contribution un des poteaux incendie du site. Il en compte une centaine, dispersée sur ses 100 hectares, à proximité des 200 bâtiments.
L'explosion de 75 a tout déclenché
Combien de sources d'eau étaient exploitables le 7août 1975 lors de la dramatique explosion qui coûta la vie à trois personnes et en blessa des dizaines? «Les plans de secours de l'époque n'ont plus rien à voir avec ceux d'aujourd'hui», témoigne Daniel Méar, superviseur des opérations de samedi matin pour le compte du Sdis. C'est d'ailleurs en réaction à l'explosion de 75 que l'État a élaboré les draconiennes normes françaises de prévention pyrotechnique (décret de 1979). Toujours en vigueur, elles ont démontré leur efficacité puisqu'aucun accident majeur n'est survenu depuis. Ce qui ne dispense pas de les éprouver régulièrement. L'exercice de samedi matin entrait justement dans ce cadre. «Il s'agit de tester le plan d'organisation interne ainsi que l'interaction entre les secours internes et ceux extérieurs», précise Michel Perano. Aucun problème majeur n'a été décelé samedi. Ouf, on peut souffler. Mais pas allumer son clope.
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