7 mars 2009
Une simple ligne comptable sur le projet de salle socioculturelle, et voici le débat qui s'emballe. Jeudi soir, au conseil municipal, l'ancienne majorité Boyer a dû s'employer pour répondre aux charges très cinglantes sur sa mandature passée.
Des chiffres, comme s'il en pleuvait. Jeudi soir, il ne fallait pas être allergique aux mathématiques. L'examen des comptes administratifs 2008, exercice fastidieux s'il en est, constituait, en effet, le plat principal de cette séance. Naturellement, on a parlé gros sous, avec plein de chiffres avant la virgule. En la matière, Jean-Yves Le Floc'h se montre bon pédagogue, mais au final, cela n'enlève rien au côté indigeste de l'affaire.
Un parallèle avec la passerelle
Heureusement, on peut toujours compter sur un Yves Clabon ou un Jean-Paul Urien pour briser la monotonie du moment. Le colistier de Jean Baraer est le premier à se mettre en action, en notant que la ville s'est acquittée d'une somme de 6.786 EUR pour le solde de maîtrise d'oeuvre de la salle socioculturelle, projet initié par Yolande Boyer et son équipe, avant d'être abandonné par la nouvelle majorité en place. «Ajouté aux 163.000 EUR de l'an passé, cela fait 170.000 EUR qui ont été engagés pour un projet qui ne va pas se réaliser», constate l'élu. Dans la salle, chacun voit venir le parallèle avec la passerelle, et effectivement, il arrive. En gros, interroge Yves Clabon, si la majorité a décidé de s'asseoir sur cette somme pour la salle socioculturelle, pourquoi n'a-t-elle pas fait de même pour la passerelle? «Nous avons considéré que l'investissement pour réaliser cette salle était inconsidéré, et nous amenait droit dans le mur», répond Jean-Yves Le Floc'h, pour qui un tel projet ne pouvait se concevoir qu'à l'échelle communautaire. Jean-Paul Urien n'est évidemment pas d'accord. Il estime que la majorité «fait courir un vrai danger à la ville, en refusant de la doter des équipements dont elle a besoin. Investir, c'est préparer l'avenir, et permettre que la ville avance, tandis que vous choisissez de vous complaire dans l'existant». Le retour de manivelle ne se fait pas attendre. À la baguette, Gaëlle Nicolas: «Le vrai danger, c'est la situation financière dans laquelle on se serait trouvé en menant au bout ce projet. Faire avancer la ville, c'est faire en sorte qu'elle se développe, en permettant à une jeune population de se développer. Un équipement socioculturel a un intérêt, mais soyons raisonnables: ce n'est pas non plus un gros facteur de développement. En revanche, le travail, sur lequel vous auriez pu vous pencher, et que vous n'avez pas fait, était de faciliter l'installation des jeunes ménages, en développant l'immobilier, c'est aussi développer l'activité économique, et sur ce sujet, vous avez stagné».
Une population qui n'augmente pas
La charge est sévère, et implique des réponses de Yolande Boyer. Sur sa politique du logement, d'abord: «14 hectares ont été lotis durant notre mandat», se défend-t-elle. Sur l'économie, ensuite: «Pour se développer, il faut d'abord structurer, mettre en place les bases, et c'est ce que nous avons fait», en citant un certain nombre de ses réalisations: la Maison de l'emploi, la zone industrielle, la pépinière d'entreprises, la station d'épuration... Il n'empêche, constate le maire avec gravité, «les prochains chiffres du recensement démontreront que la population n'a pas progressé à Châteaulin, contrairement à la plupart des autres communesalentour. Ça, c'est la réalité, et il nous incombe désormais d'infléchir cette tendance».
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