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Alpaga. Un peu des Andes sur la colline de Saint-Coulitz

12 août 2009

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Très prisée des couturiers italiens, la laine d'alpaga se vend à prix d'or. À Saint-Coulitz, un couple anglo-saxon en élève une vingtaine. Avec passion, mais sans en attendre le Pérou.

À Ty-André, sur les hauteurs de Saint-Coulitz, l'altitude n'a rien de comparable avec les hauts plateaux péruviens. Mais le troupeau s'est adapté, à quelques détails près. Le climat? «Ici, c'est pas mal. Il y a juste un peu trop de pluie, surtout cet été, alors qu'eux affectionnent surtout la neige!». Quant au sol, «il manque de minéraux, ce qui les fragilise. Du coup, on est obligé d'ajouter quelques oligoéléments dans leur alimentation». Élever des alpagas en Bretagne? Il fallait au moins venir d'outre-Manche pour oser pareille excentricité. Enid Anderson, Écossaise qui a grandi près de l'île de Skye, a franchi le pas dès son arrivée, à Saint-Coulitz, il y a quatre ans. Il faut dire qu'Enid avait déjà la fibre. Établie depuis des années près de Stonehenge, en Angleterre, elle avait pris l'habitude de donner le coup de main à un voisin, pionnier dans l'élevage de ces fameux herbivores en Europe.

Plus doux qu'un étudiant anglais

Avant d'élever des alpagas, cette enseignante, aujourd'hui à la retraite, formait des étudiants anglais, les préparant à leur future vie de prof. Le plus dur entre les deux? «Les étudiants anglais, ils sont bien moins doux», répond-t-elle sans hésiter. Car finalement, ce ruminant est plutôt docile. Doux comme un agneau. Rien à voir, donc, avec son cousin le lama, un camélidé lui aussi, mais qui crachait à la figure du capitaine Haddock. Il y a deux types d'alpagas: le huacaya et le suri. Ce dernier possède une laine de qualité supérieure, appréciée pour sa longueur et ses ondulations. Sans compter cette brillance unique qui fait toute sa renommée. Les couturiers italiens en raffolent. «Ils achètent 95% de la production mondiale de laine d'alpaga».

4kg de laine par animal

La tonte de la laine s'effectue une fois par an, au printemps. La production est limitée: 4kg par animal, grand maximum. Mieux vaut ne pas avoir un poil dans la main, car ce travail est laborieux. «On peut passer des soirées entières à enlever chaque brin d'herbe». À défaut de filature en France, c'est au Royaume-Uni que la laine est ensuite traitée, dans une petite usine artisanale. «Ça permet de trier la toison, d'éliminer les poils bruts de garde et de produire un fil plus doux et de meilleure qualité qu'une filature industrielle». La laine est ensuite vendue, au prix de 25 EUR les 100 grammes, sur le marché du luxe. Couturière à ses heures, Enid garde toujours au chaud quelques pelotes, histoire de confectionner aussi des bonnets, pulls, coussins, peluches, qui feront le bonheur des amateurs de qualité. Les éleveurs bretons, majoritairement anglais, tentent de s'organiser. Un groupement a vu le jour. «Dans un esprit hobby, mais avec sérieux», précise Enid. «Même si c'est un gros travail, je n'attends pas ça pour vivre», dit encore notre retraitée, dont la passion semble, décidément, aussi douce que du cachemire. Contact

Tél.02.98.86.21.87.

  • Jean-Luc Padellec
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