1 décembre 2011
Christine Boutin qui fait du gringue à Christian Troadec sous l'oeil des caméras, au congrès de l'Association des maires de France. L'image a de quoi faire sourire (lire ci-dessous), mais elle montre bien le petit jeu qui se passe actuellement dans les coulisses des mairies du Poher et d'ailleurs. L'élection présidentielle approche à grand pas et les futurs candidats ont besoin de 500 parrainages de maires. Certains élus sont très courtisés.
Courriers, coups de téléphone, visites...
«J'ai une pile de demandes sur mon bureau: Christine Boutin, Marine Le Pen, Frédéric Nihous... Je crois qu'il n'y a que Sarkozy qui ne m'a pas demandé de le parrainer!», sourit Didier Goubil, le maire de Poullaouen. Dans ce domaine, toutes les techniques sont bonnes. «Il y a d'abord des courriers, puis des coups de téléphone de leur staff et certains nous envoient des gens du coin pour jouer la carte locale», racontent plusieurs maires habitués à ce petit manège.
Frédéric Nihous au bout du fil
Certains candidats appellent même directement les élus. C'est ce qu'a constaté encore récemment le maire de Poullaouen, contacté par Frédéric Nihous en personne. Mais le candidat de Chasse, pêche, nature et tradition a essuyé un refus. «Je ne parraine personne pour éviter toute tension au sein du conseil municipal, où il y a des opinions diverses. Il y a 36.000 maires, ils n'ont pas besoin de moi», explique Didier Goubil. Dans les petites communes, le sujet est souvent sensible. D'autant que la liste des parrains est publique (*). Voilà qui explique la décision de nombreux maires de refuser tout parrainage. Dans le secteur, c'est le cas, notamment, de Gilbert Nigen, à Spézet, ou encore de Jean-Claude Le Guélaff, à Saint-Hernin.
Parrainer son candidat préféré ou un autre
Son frère, José Le Guélaff, maire de Motreff, a, lui, décidé de parrainer le candidat du NPA, Philippe Poutou. Et il ne s'en cache pas. «Je le soutiens pour que toutes les idées soient présentes au premier tour. Ce qui ne veut pas dire que je vais voter pour lui». Pour d'autres maires, le choix est encore plus simple. Exemple avec les socialistes Pierrot Belleguic, de Kergloff et Xavier Berthou, de Plounévézel. Ils parrainent le candidat de leur parti, François Hollande. «Nous sommes tranquilles. C'est plus dur quand on n'est pas carté», conviennent les deux maires. Ce n'est pas celui de Plouyé qui dira le contraire. Marcel Le Guern a été sollicité par trois candidats mais n'a pas fait son choix. «J'attends de voir si je reçois d'autres demandes. Je parrainerai, c'est certain. Mais je ne sais pas qui».
(*) Seuls 500 noms sont communiqués. Ce qui permet à certains maires de parrainer discrètement.
26 mai 2012 à 08h07

26 mai 2012