31 octobre 2009 - 1 réactions
Le projet de réforme des collectivités territoriales devrait être discuté par le Parlement à la mi-décembre. Dans les cartons, la suppression des Pays, qui inquiète le président du Pays Cob, Michel Morvant.
Ce projet de suppression des pays vous a-t-il surpris et y croyez-vous?
Je pense que l'idée ira à son terme. Si le concept de Pays a bien marché en Bretagne, ce n'est pas le cas partout en France. Parmi les collectivités territoriales, le Pays est la création la plus récente, et il compte peu de défenseurs. Comme on a annoncé qu'il fallait simplifier le mille-feuilles, c'est la couche la plus facile à attaquer.
Êtes-vous favorable à cette suppression?
Je suis un ardent défenseur du Pays. Si cette réforme doit aboutir, je suis favorable à ce qu'une nouvelle entité juridique le remplace, mais que l'on continue à fonctionner sur ce principe, car je reste persuadé de son intérêt. En milieu urbain, les communautés d'agglomérations peuvent suffire. Mais en milieu rural, comme chez nous, le rôle du Pays est essentiel.
Pourquoi est-il essentiel ici?
En 1992, quand le Pays Cob a été créé, chacun de ses éléments, en Finistère, Morbihan et Côtes-d'Armor, avait le sentiment d'être isolé, d'être trop loin des chefs-lieux de département. Ils ne pesaient pas suffisamment. Avec l'arrivée du Pays, s'est constitué un réseau de services administratifs et de chargés de mission qui n'existait pas; tout cela a apporté de la matière grise, qui permetde répondre aux appelsàprojeteuropéens et régionaux. L'intérêt du Pays est également d'associer élus et acteurs de la société civile. En tant qu'élus, j'ai conscience de nos limites, on ne peut pas répondre à tout. La société civile nous apporte son expertise, et nous permet de mieux coller aux réalités du terrain. Et le Pays a cet avantage de pouvoir travailler davantage sur la prospective, des stratégies à dix, quinze ans. Il est complémentaire des communautés de communes, qui gardent la maîtrise d'ouvrage et la réalisation des projets.
N'est-ce pas aussi parce qu'il correspond à une identité géographique et culturelle forte qu'il s'est imposé?
C'est un point fondamental. D'ailleurs, à sa création, le Pays Cob englobait 160.000 habitants, avec les régions de Scaër, Cléguérec et Saint-Thégonnec. En 1995, on a dû redescendre à 110.000. La coupe a été difficile, mais elle a encore renforcé cette identité qui est fondamentale. Le Pays Cob a 17 ans: aujourd'hui, les gens s'y reconnaissent.
Pourtant, peu savent citer ses réalisations. Quelles sont ses réussites, selon vous?
Elles sont multiples. Tout au long de son existence, le Pays a mis l'accent sur les équipements et les services publics, que ce soit à travers les Contrats de Pays ou le volet territorial du Contrat de projet, le Programme Leader ou le Pôle d'excellence rural. Sinon, on pourrait citer le recrutement d'une chargée de mission culture, dès 1992, ce qui est du jamais vu en milieu rural. Ou la création de l'Alécob, la Maison des entreprises de Carhaix, l'animation territoriale de santé, la défense de l'hôpital de Carhaix...
Que deviendraient les 12salariés du Pays Cob s'il est supprimé?
Je le répète: je ferai tout pour que naisse une nouvelle structure fédérant les communautés de communes des trois départements. Et ils y auront, bien entendu, leur place.
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