15 février 2012
Il n'est pas toujours simple de savoir où en est la pratique du breton. Pour répondre à cette question, l'office public de la langue bretonne a décidé de mener régulièrement une étude précise sur le sujet. Après celle menée en 2004-2005 qui avait donné lieu à un document très copieux, une nouvelle étude vient d'être réalisée en 2011. «Elle a été menée sur les 21 pays bretons et même au-delà puisque la Loire-Atlantique aussi est concernée. Elle n'est pas encore terminée partout mais sur le pays Cob oui», indique Fulup Jakez, directeur de l'office de la langue bretonne. Le résultat de ce diagnostic sera dévoilé au public mercredi 22février, à Rostrenen. L'office de la langue bretonne et le pays Cob en ont livré les grandes lignes.
Locuteurs en baisse malgré le dynamisme
«Ce qui ressort principalement, c'est une situation contrastée. Il y a d'abord d'importantes disparités à l'intérieur même du pays Cob qui, avec ses 108 communes, est le plus grand pays breton. Carhaix, Rostrenen et Châteauneuf-du-Faou sont des zones dynamiques, d'autres le sont moins. Et puis la situation est contrastée parce que d'un côté, le nombre de locuteurs est évidemment en chute et d'un autre côté il y a un fort dynamisme des classes bilingues et de la formation pour adultes», confient les représentants de l'office de la langue bretonne. Chute du nombre de locuteurs oui mais de combien? Très difficile à dire. «Le problème, c'est que l'on ne connaît pas précisément le nombre de personnes qui parlent breton et du coup on a du mal à appréhender son évolution. Le recensement en cours à Carhaix est une bonne chose et cela va nous aider», confie Fulup Jakez.
Il y a urgence
Selon l'office de la langue bretonne, environ 20% de la population du pays Cob parle breton tous les jours. Mais cela diminue à vue d'oeil car les locuteurs sont âgés ou très jeunes. Et selon l'office de la langue bretonne et le pays Cob, il y a urgence. «Actuellement tout en haut du tableau, le Centre-Ouest Bretagne est menacé de passer directement lanterne rouge sous dix ans ans. Le risque est que, sous peu, le breton ne soit plus parlé que dans les villes et sur la côte». Pour Erwan Le Coadic, de l'office de la langue bretonne, l'avenir du breton passe par les jeunes et par la mise en place d'une «politique linguistique». La région Bretagne s'y est mise. Le pays Cob aussi. Des groupes de travail transversaux (tourisme, économie, environnement) vont être constitués par le pays pour mettre en valeur l'utilisation du breton. Pratique Présentation du diagnostic mercredi22, à 18h30, à la cité administrative de Rostrenen.
26 mai 2012 à 08h07

26 mai 2012