21 août 2009
Comme pour faire encore rêver au futur jumelage entre les deux villes, des clichés de Woodstock ont envahi la place de la Mairie.
Place de la Mairie, les larges portraits de Woodstock interpellent. Duke Devlin, guide du musée de Bethel, à la barbe légendaire, arbore un sourire amusé, tandis que Mickael Lang, l'homme du mythique rassemblement se fait l'écho d'une génération de sexagénaires nostalgiques du «summer of 69».
«Un pont de Woodstock aux Vieilles Charrues»
«On savait que les Charrues préparaient leurs 20 ans d'existence quand on a voyagé aux États-Unis pour les 40 ans de cette utopie improbable que fut Woodstock. Il y avait un pont à faire. Woodstock a ramené beaucoup de monde, de la même façon que les Vieilles Charrues créent de l'économie en Centre-Bretagne», témoigne Anne Cazalès, la journaliste free-lance à l'origine de l'exposition, avec son collègue photographe, Jean-Pierre Hautecoeur. C'est ainsi que le duo est à l'origine de la rencontre entre Christian Troadec et Jeff Moran, maire de Woodstock. «En revenant de Woodstock, on voulait créer un réseau de sympathie entre deux régions superbes, marquées par la musique, poursuit-elle. D'où l'exposition». Les apparences rêveuses de ces beaux clichés cachent pourtant une démarche plus large de construction collective. Une petite entreprise vitrée, à l'enseigne rouge, se tient en effet discrètement, au fond de la place. Le Centre
d'entraide au travail occasionnel (Ceto) révèle la grandeur du projet. «On souhaitait, avec l'association des Vieilles Charrues, rester dans l'esprit de développement local et d'entraide sociale dans la mise en place du projet», ajoute Anne Cazalès pour expliquer l'intervention du Ceto sur l'opération. La suite n'est que compliments de la part de la journaliste, qui qualifie le travail des trois salariés du Ceto de «véritable trouvaille». «Elle nous a appelés courant juin, pour réaliser un devis, explique Nadège Conan, secrétaire comptable et administrative de l'association. Elle voulait des cadres simples, accrochables au mur et posables au sol. On n'avait aucun plan, les gars ont donc dû improviser». En un mois, les cadres en aluminium étaient rendus, et les clichés imprimés sur support plastique, étirés sur la surface prévue.
Une fabrication artisanale du Ceto
«C'est la première fois qu'on est en mission pour les Vieilles Charrues, mais cela pourrait se renouveler. Anne Cazalès était très satisfaite du résultat. Chaque cadre est une véritable fabrication artisanale, explique Nadine Cloarec, la directrice du Ceto. Les processus de fabrication industrielle, de découpe à la machine, n'auraient certainement pas donné le même résultat», assure-t-elle encore. Shane Potter, Lionel Provini et Philippe Mocaer, sous la direction de Jean-Yves Marzin, encadrant de chantier, ont donc tenu le quatrième pilier d'une construction bretonne et collective avec le duo journalistique, l'association des Vieilles Charrues et la mairie de Carhaix, tous deux contributeurs financiers du projet. Le cinquième pilier est quant à lui fidèle au cadre du Ceto. Le portrait de Jeff Moran, maire de Woodstock, sourit au joli rêve en marche...
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