4 janvier 2012
«On a décidé de tout quitter car on savait qu'il y avait quelque chose à développer dans le secteur, en ambulant». Virginie Blaise, surnommée Poupette depuis sa plus tendre enfance, femme volontaire, ne s'est pas trompée. À 36 ans, cette fille de commerçants quitte son Nord natal où elle était salariée dans une entreprise de nettoyage. Pas seule. Christophe, son époux et les deux enfants du couple, Fiona, 16 ans et Alexis, 12 ans, sont également du voyage. Ils s'installent définitivement le 23juin dernier dans leur maison de vacances du Hartz à Kergloff qu'ils ont patiemment rénovée.
Le mois de juillet à prospecter
Poupette a une idée bien arrêtée: organiser des tournées de vente à domicile dans des villages retirés. «Rendre un service de proximité à des gens parfois isolés», résume-t-elle. Une seule méthode: faire du porte-à-porte en compagnie de sa fille afin de connaître les souhaits de la future clientèle. «Une démarche pas toujours évidente concède-t-elle. Les gens, tous très polis, voulaient voir et toucher ce que je pouvais leur proposer ». Pendant ce temps, Christophe remet à neuf un ancien fourgon de 3,5t ayant servi aux services postaux allemands. Aménagement intérieur, électricité, pose du réfrigérateur, peinture, décoration, etc., sont réalisés en un tour de main par l'ancien carrossier. De son côté, Poupette, après avoir parcouru le secteur, discuté avec des centaines de personnes et rencontré tous les maires des communes à desservir, a imaginé six tournées, toutes partant du Hartz.
Invitée à boire le café
Le lundi 1eraoût, c'est la rentrée pour la Néobretonne. La peur au ventre, elle arrive dans un premier village à Cléden-Poher. Le fourgon, bien achalandé (350 articles) a fière allure. Elle klaxonne mais pas un client ne se présente. Aurait-elle mal évalué la situation? «J'ai encore dû faire du porte-à-porte pour les faire venir au pied du camion. Les gens, toujours très courtois, ont fait des achats de politesse». Poupette sait le Breton méfiant par nature. Elle persévère, trouve les mots qu'il faut et tisse patiemment une clientèle fidèle dont l'âge oscille entre 27 et 98 ans. Àtel point qu'elle est souvent invitée à boire le café. À Couzanet en Loqueffret, l'arrêt dure une heure pour servir quatre personnes. «On échange beaucoup. Les clients me confient même des petits secrets, me disent leurs chagrins ou leurs joies. L'ambiance est très familiale». Jocelyne, 52 ans, confirme le propos. «C'est une personne formidable, très avenante. Je lui achète presque toutes mes courses car j'ai horreur des grandes surfaces». Contact Tél.02.98.73.43.12 ou 06.44.14.68.77.
26 mai 2012 à 08h07

26 mai 2012