9 octobre 2009
Cent des 243salariés de l'usine Entremont Carhaix seront placés en chômage partiel pour un an. Au-delà de cette période, les craintes pour l'emploi et l'avenir du site sont réelles.
Après la fromagerie, l'atelier d'affinage-conditionnement? C'est la question que tout le monde se posait, hier, à Entremont Carhaix. Car la nouvelle d'un chômage partiel imposé à 100 salariés, vécue comme un terrible choc, peut faire craindre le pire pour l'avenir. Entremont a perdu du terrain sur le marché de l'emmental et plus particulièrement de l'emmental préemballé. Pour regagner en compétitivité, la direction générale du groupe a tranché: elle va mettre en «stand-by» l'atelier d'affinage-conditionnement de Carhaix et placer sa centaine de salariés en chômage partiel pour un an. Hier, à l'annonce de la nouvelle, les salariés ont durement accusé le coup. «On savait que ça allait mal. Mais rester un an à la maison, sans être sûr de retrouver mon emploi derrière, c'est terrible», témoignait une salariée.
«Pourquoi Carhaix?»
Les syndicats, eux, dénoncent la forme et le fond. «L'an passé, on a étalé la production sur les quatre sites pour faire face. Pourquoi on ne le referait pas cette année?», interroge la CFDT. «Les gains qu'ils vont faire ne changent pas grand-chose au déficit du groupe. Et ne règlent en rien le problème qui est celui de toute la filière laitière», reprenait la CGT. Les représentants syndicaux s'accordent sur une inquiétude majeure: la peur de voir l'activité disparaître à Carhaix au terme de cette année de suspension. Un comité d'entreprise élargi, hier en milieu d'après-midi, ne leur a donné aucune garantie sur cette question.
«L'activité reprendra»
Jointe au téléphone, la direction d'Entremont s'explique: «Les produits fabriqués à Carhaix peuventl'être dans les autres ateliers, alors que l'inverse est impossible»,assure Alain Troalen, responsablede la communication.«Aujourd'hui, on a une pertedevolumes considérableenemmental. Il nous faut regagneren compétitivité; cette dispositionesturgente. Mais l'activitéreprendra normalement à l'issue de cette période». La convention d'Activité partielle de longue durée (APLD) devrait être signée avec l'État dans les trois prochaines semaines. D'ici là, les syndicats réclament la tenue d'un comité central d'entreprise pour pousser la direction à revoir sa copie, et n'excluent pas un mouvement, qui pourrait concerner les différents sites du groupe. À l'usine, la priorité, dans les prochains jours, sera de rassurer les salariés. «On va étudier toutes les mesures possibles pour minimiser les conséquences sociales et salariales sur l'établissement, en toute transparence», expliquait hier soir Pierre Le Corre.
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