7 mars 2009
Depuis près de deux ans, chaque dimanche, un duo lance une nouvelle chanson sur le Net. Leur rendez-vous hebdomadaire est suivi par des milliers d'internautes.
Quand vous avez lancé ce projet il y a deux ans, vous imaginiez-vous sortir un album et afficher complet à chaque concert, comme aujourd'hui?
Avant La Chanson, on a fait partie du groupe Beaubourg, avec lequel on a joué sept ans. Et pendant sept ans, on a dû batailler pour nous faire repérer, trouver un tourneur, etc. Alors on en a eu marre, envie d'une nouvelle musique, d'une formation plus simple à faire tourner. L'idée, c'était de se servir du Net pour nous faire entendre. Mais on a découvert la force du concept en même temps que les internautes! Après, quand on écrit des chansons, c'est toujours pour les entendre sur scène, reprises par le public.
On vous classe régulièrement dans la catégorie duo comique, plus que chez les chanteurs. Ça vous ennuie?
C'est vrai qu'on aimerait que l'on parle plus de notre musique. Mais il y a un complexe en France, chez les commentateurs et dans le monde de la musique, à parler des choses simples. On écrit une forme de pop, qui apparaît comme pas bien difficile à faire. Mais nous, on s'attache vachement à écrire de belles mélodies, plus importantes que nos textes. Mais c'est vrai que l'on n'a pas souvent eu de compliments sur notre musique.
Comment passe-t-on d'un format assez brut, comme vos vidéos, à un album?
On a bossé les arrangements, et travaillé avec des musiciens africains. On a trouvé une tournée africaine et enregistré à Bamako, avec des pointures. On voulait une tournure ensoleillée, festive, un peu disco. La difficulté c'était de sortir de ce côté brut, sans perdre l'esprit que l'on a sur le Net. Du coup, on a enregistré toutes les voix dans la rue.
Le social a tenu une place de plus importante dans vos textes, comme dans «Le pouvoir d'achat» ou le «Petit cheminot». Êtes-vous un groupe militant?
En fait, l'actu nous a plus ou moins rattrapés dans nos inspirations. Et quand tu parles d'actualité, tu exprimes fatalement une opinion. Mais on n'est pas partisan pour autant. On essaie de pointer les incohérences, les choses un peu révoltantes, ce donton parle au bistrot. Ma femme tient deux bars, et ça, ça aide!
Comment adaptez-vous vos chansons à la scène?
On est tous les deux, mais on essaie de se faire passer pour un groupe de sept! J'ai travaillé des séquences sur ordi, qu'on balance et sur lesquelles on joue. Et Clément a une vraie guitare, branchée et tout!
À titre personnel, vous êtes également réalisateur. On parle d'une série, tournée récemment pour Arte?
Oui, ce sera un 8x52 minutes, «Les invincibles». On est à la fin de la postproduction, et ça devrait être diffusé en septembre ou octobre. C'est très rock'n'roll, un truc vraiment nouveau pour Arte, et la télé française en général. Je le dis facilement, parce que ça ne vient pas de moi: c'est une adaptation d'une série québécoise. On travaille déjà sur la deuxième saison.
Vous allez parler de quoi dans votre chanson dimanche? Et ce n'est pas trop dur de suivre ce rythme de production?
C'est notre devoir de fin de semaine! En même temps c'est pratique, car si on n'avait pas cette contrainte, avec les tournées et tout le reste, on ne composerait plus. Pour ce dimanche, on verra, ça se décide le vendredi soir, voire le samedi si on est à la bourre.
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