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Centre généalogique. Une mine d'or

22 février 2013

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Fruit d'un véritable travail de fourmi et de patience, le Centre généalogique du Poher a collecté plus de deux millions d'actes. Une banque de données précieuses à plus d'un titre.

Ambiance studieuse ce jeudi après-midi dans la salle du centre de généalogie du Poher. Une poignée d'adhérents scrutent, page après page, les copies d'actes collectés par l'association, en quête d'informations sur leur généalogie. Ils sont là pour le plaisir d'échanger, ou « parce qu'on ne trouve pas tout sur internet », ou encore parce qu'ils ne sont pas informatisés. Car il est un peu révolu le temps où, pour remonter son ascendance, il fallait compter de longues heures à jouer les rats de bibliothèques dans les registres d'état civil des mairies et archives départementales. Aujourd'hui, tout ou presque se passe devant un ordinateur. Depuis quelques années, la numérisation et l'informatisation des données ont en effet mis un sacré coup d'accélérateur aux recherches généalogiques. Mais encore faut-il collecter les informations.

Une banque de 2.200.000 actes

Depuis sa création, en 1995, c'est ce à quoi s'emploie le Centre généalogique du Poher, dans un rayon de 40 km autour de Carhaix (*). « Avec l'appui de nos adhérents volontaires, nous effectuons des relevés systématiques des actes paroissiaux et des registres d'état civil », explique le président, Gilles Le Penglaou. Résultat : à ce jour, 80 % de l'aire de recherche a été couverte, ce qui représente 2.200.000 actes. Un travail de titan, en partie facilité toutefois par celui des Mormons. « Dans les Côtes-d'Armor, ils avaient tout stocké sur microfilms, nous avons pu les racheter », explique le président. Ce travail accompli facilite grandement les recherches, même si d'aucuns regrettent le travail à l'ancienne. « L'attente, l'espoir de trouver un acte, parfois la frustration... cela participait du plaisir », dit Alain Gesbert, le trésorier. « Il y a quelques années, il fallait une vie pour faire son arbre généalogique. Aujourd'hui, une année suffit, c'est trop facile », déclare un passionné qui a toutefois trouvé compensation dans l'autre volet d'activité de l'association, l'histoire et sa revue Kaier ar Poher.

Un intérêt historique

Car le fruit des recherches individuelles que mènent les adhérents est aussi versé dans une base commune, Généabank. « Cet outil est une mine d'informations. Il permet par exemple de repérer les cousinades », explique le président. L'intérêt est aussi historique. « D'après le patronyme, il n'est pas rare de retrouver le métier qu'exerçait la personne. C'est particulièrement vrai pour les sabotiers et les meuniers. Il y avait ainsi quelques dynasties dans certaines professions ». Ou scientifique : la généalogie a permis de repérer les foyers « souches » de la mucoviscidose, en Finistère.

Le meunier de Spézet

Ces recherches ont mis au jour des histoires pas banales, comme celle d'un meunier de Spézet, dans les années 1830-1840. « Ce meunier s'était mis en chasse d'un sanglier qui détruisait son seigle. Ce faisant, il s'est retrouvé sur les terres d'un nouveau châtelain, appartenant à la bourgeoisie qui avait remplacé la noblesse après la Révolution », raconte Gilles Le Penglaou. Les deux hommes se sont disputés et s'en est suivie la mort du châtelain. Le meunier a été condamné à 9 ans de bagne, à Brest. « Mais, et c'est assez exceptionnel, quelques érudits, dont Théodore Hersart de La Villemarqué, l'ont défendu car il était un chanteur de kan ha diskan réputé. Grâce à eux, il n'a pas eu à purger toute sa peine ». De l'histoire personnelle et familiale à l'histoire en général, le pas est vite franchi. « Quand on a mis le nez dans la généalogie, après c'est foutu. On est piqué, c'est comme un virus ! », conclut le président.

* D'ouest en est, de Pleyben à Bourbriac (22) ; du nord au sud, de Guerlesquin à Saint-Caradec-Trégomel (56).

  • Gwénaëlle Le Ny

1. 041 adhérents en France et à l'étranger

Le Centre généalogique du Poher regroupe 1.041 adhérents. Un effectif en constante progression selon le président, car « beaucoup de gens sont déracinés et éprouvent de plus en plus le besoin de connaître leurs origines. En témoigne la part important d'adhérents de l'étranger, USA, Canada, Arabie Saoudite, etc. ». Pour rejoindre l'association, il suffit de s'acquitter de 19 € d'adhésion pour l'année ou de 35 € pour recevoir en plus la revue Kaier ar Poher. Tout nouvel adhérent est accompagné dans ses recherches par l'association. Les permanences ont lieu au second étage de l'ancienne école, rue de la République, le jeudi, de 11 h à 17 h, et le premier samedi du mois, de 14 h à 17 h. Le centre de généalogie édite également des ouvrages. L'un, écrit par un adhérent sur Saint-Michel de Glomel, est à paraître prochainement, de même qu'un recueil de cartes postales anciennes sur Rostrenen. À savoir L'association tient son assemblée générale demain, salle polyvalente, à Saint-Nicodème, à 10 h.

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