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Carhaix

Cancer du sein. Maryse Vaillant témoigne

24 octobre 2009

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Auteur d'«Une année singulière avec mon cancer du sein» (*), MaryseVaillant, 65 ans, racontait son parcours, jeudi soir, salle Cinédix, au cours d'une conférence organisée par la Mutualité française.



Réalisiez-vous régulièrement des mammographies de dépistage du cancer du sein?
Oui, depuis très longtemps. Depuis ma ménopause.

En octobre2006, la mammographie est suspecte. Quelle a été votre réaction?
Sur le coup, j'ai été atterrée par cette découverte. Très vite, j'ai pensé que j'allais mourir. Comme j'avais un cancer, c'était une certitude, j'allais mourir. Mais dès qu'on m'a fait une proposition de traitement, j'étais partante. J'étais prêtre à me battre. Deux idées se sont alors imposées à moi: je vais mourir, il faut que je me prépare. Et d'autre part, puisqu'il faut me soigner, je vais me battre.

Et vos proches, comment ont-ils vécu cette annonce?
J'ai tout de suite annoncé la mauvaise nouvelle à mon compagnon, avant même d'être sûre du diagnostic. Il a réagi en homme, c'est-à-dire en me disant de rester calme car il était là, prêt à me soutenir et qu'en plus, on n'était encore sûrs de rien. Une fois que le diagnostic a été confirmé, j'en ai fait part à ma fille, 37 ans, maman elle aussi. Cela a été l'épreuve la plus difficile. Pour toutes les femmes, c'est ça, le plus dur: l'annoncer aux enfants.

Combien de temps a duré le traitement?
Entre les deux mammographies, celle de contrôle et celle de dépistage, une année pile. J'avais deux gros cancers traités par opération, chimiothérapie et radiothérapie. La totale quoi! J'ai eu droit à la totalité de l'arsenal des soins.

Aujourd'hui, vous en êtes sortie?
Sortie, pas tout à fait. Je suis en rémission. Je n'aurai droit à l'étiquette «guérison» que dans deux ans. Être en rémission, c'est ne plus avoir de symptômes. Tout va bien, mais on est encore en rodage, en quelque sorte.

Estimez-vous avoir été atteinte dans votre féminité?
Oui, bien sûr. Mais aujourd'hui, j'ai 65 ans. Je puis vous assurer qu'à cet âge, les atteintes à la féminité sont nombreuses.

Le public vous attend. Auriez-vous un message à lui délivrer?
Il faut se faire dépister. Le dépistage permet de détecter des tumeurs minuscules qu'aucune palpation ne pourrait découvrir. Des tumeurs qui peuvent être traitées ou enlevées rapidement. Le cancer du sein est un cancer qui se dépiste bien, qui se soigne bien. C'est, certes, une épreuve dans la vie mais c'est un cancer de femme. Et la femme, avec le mari, les enfants et la famille, a bien d'autres soucis et, quelquefois, subit des épreuves bien pires. On a toujours des épreuves bien plus difficiles que sa propre maladie.

*«Une année singulière avec mon cancer du sein», aux éditions Albin Michel, 230 pages, 15 EUR.

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