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Rue de Brest. Le grillage de Morlaix-Plage fait polémique

19 mai 2009 - 4 réactions

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Une vingtaine d'exclus avait pris l'habitude de s'y retrouver et d'y tuer le temps. L'espace longeant le Queffleuth, rue de Brest, a été clos et grillagé par la ville. Une mesure dénoncée, hier, par les utilisateurs et des militants.

Au printemps 2007, la municipalité, dirigée par Michel Le Goff, décidait d'écarter les exclus du centre-ville, en fermant l'Espace accueil du 47, rue de Brest. Deux ans plus tard, c'est la nouvelle équipe qui prend des mesures pour éloigner les SDF. C'est du moins la conviction des intéressés, depuis qu'au bout du parking de l'Écomarché, rue de Brest, l'espace, longeant la rivière Le Queffleuth, a été grillagée par une entreprise de clôtures brestoise. C'était il y a environ un mois. Un panneau a été apposé sur la porte d'entrée, fermée à double tour. Le message est explicite: «Accès interdit au public» sur cet espace que ses utilisateurs appellent «Morlaix-Plage».

L'arbre «à palabres» également interdit


À quelques dizaines de mètres, le grand sapin, situé sur le parking, derrière la Caisse primaire d'assurance-maladie, a également été grillagé. Cet arbre «à palabres» abritait les mêmes démunis, en cas de mauvais temps. Ces mesures ont été décidées par un groupe de travail, appelé «Paris-Brest», qui réunit des élus, riverains des rues de Brest et de Paris, mais aussi des travailleurs sociaux. Pour Laurence, qui vit à Morlaix en marge de la société depuis 12ans, l'incompréhension s'est vite transformée en colère: «Une fois de plus, on tente de nous cacher ou de nous pousser à l'extérieur de la ville». Pour le coup, ce n'est pas gagné. Car l'intéressée, ses compagnons d'infortune et leurs chiens n'ont pas déserté les lieux. Ils se retrouvent désormais sur l'ancien parking de l'hôpital psychiatrique, juste en face du fameux «carré» grillagé, de l'autre côté de la rivière. Des élus Verts comme Michel LeSaint et l'ancien adjoint aux affaires sociales, Michel Marzin, étaient présents sur les lieux, hier après-midi. Des militants d'associations de défense des droits de l'homme, une vingtaine de personnes au total, les avaient rejoints. Histoire de signifier leur opposition totale à une mesure, rajoutant, selon eux, «de l'exclusion à l'exclusion».

«Gaspillage de l'argent public»

«On va se retrouver dans une ville où les bords des rivières vont être interdits au public, parce qu'on a peur d'y rencontrer des gens qui ne sont pas comme il faut, entre guillemets», dénonce Michel Le Saint. Et le chef de file du groupe Idées de regretter aussi «un gaspillage de l'argent public, à une période où la municipalité taille dans les budgets de la culture».
Laurence n'entre pas dans ces considérations. Elle demande simplement de retrouver «un lieu de rencontre au centre-ville» pour elle et ses amis.

«On n'est pas méchant»

«On comprend que de voir au centre-ville des personnes en groupe, avec des chiens, peut avoir quelque chose d'inquiétant. Mais on n'est pas méchant. On dialogue souvent avec les riverains qui viennent nous voir. Certains se plaignent peut-être. Mais je suis sûre que c'est une minorité par rapport à tous les habitants qui ne comprennent pas l'installation de ces grillages». Des actions sont envisagées dans les prochains jours pour que le «carré» de la rue de Brest et les abords du sapin redeviennent de vrais espaces publics. Laurence plaide pour le dialogue. En espérant être entendue.

  • Jean Philippe Quignon
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4 réactions

  • LeChuck
    Le problème est réel
    Il est temps de faire quelques chose. Les braillards et alcoolisés chaque nuit dans la rue en plus de ces mobilettes qui ne devraient pas être autorisées. Et la saleté, c'est intenable. Que les SDF puissent trouver un peu de confort c'est très bien, mais quand je lis "et leurs chiens", je pense tout de suite à l'effort permanent qu'il faut faire en marchant dans le centre ville pour éviter les crottes desdits chiens. Je n'ai jamais habité dans une *ville* aussi sale auparavant.
    Ajouté le 21 mai 2009 à 08h42
  • libertédecirculation
    Faux problème
    Le problème est mal posé (volontairement sans doute). Il ne s'agit pas de SDF, de braillards ou cyclos pétaradants. Il s'agit de s'interroger sur ce qui fait société. Apprendre à vivre ensemble (tous ensemble) est un processus qui demande autre chose que la clôture des espaces publics. Morlaix est une ville (si, si) mais est perçue par les municipalités ou les riverains comme un bourg. Le bruit en ville est normal (il y a la campagne avec ses tracteurs et ses tondeuses pour ce qui souhaitent le silence à tout prix). Les transports en commun, les parcs publics, les lieux de promenade sont inexistant et chacun reste chez soi. C'est d'ailleurs ce que suggère le maire à ces personnes !!! Et bien restez chez vous, consommez, abrutissez-vous devant la télé, ne côtoyez personne d'autre que vos amis ! Pour les autres : sortez, discutez, échangez, appropriez vous les espaces publics (allez faire un tour dans le sud !) et la majorité des problèmes de cohabitation sera réglée. Pour le droit à la différence, pour la non uniformité des individus et pour la tolérance, j'aimerais que les morlaisiens se réveillent enfin !
    Ajouté le 20 mai 2009 à 10h03
  • belenus
    Parfait
    Il y a un moment où des mesures strictes sont impératives : alcool, chiens, souillures multiples rendent les marginaux indésirables, et ils sont les seuls responsables de ces faits !
    Ajouté le 20 mai 2009 à 07h37
  • jef1956
    Je suis satisfait
    J'ai habité pendant 3 ans dans le centre de Morlaix (bas de la rue de l'hospice) et je peux vous dire que les SDF et leurs chiens n'incite pas à trainer dans la rue le soir venu. Alcoolisés, agressifs, insultants, vous changez de trottoir quand vous les croisez. Entre les cyclos pétaradants, les ivrognes vociférants et les SDF agressifs, nous avons vite choisi de quitter le centre ville pour une commune périphérique. Le centre ville ne doit pas devenir un bronx sous prétexte de social. La rue est à tout le monde pas seulement aux plus braillards.
    Ajouté le 19 mai 2009 à 18h10

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