1 octobre 2009
Déjà maire à l'époque de son lancement, en 1986, l'ancien cheminot René Fily a toujours défendu la plate-forme rail-route de Kérivin. L'élu fut le premier à déplorer sa fermeture, trois ans plus tard.
Dans quel contexte le centre rail-route de Kérivin avait-il été créé?
La plate-forme rail-route avait été construite dans les années1985 et1986 dans le cadre de la loi d'organisation des transports intérieurs, défendue par le ministre des Transports de l'époque, le communiste Charles Fitterman. Elle préconisait, entre autres, l'utilisation du ferroutage. Le choix du site avait été très disputé. Plouigneau était sur les rangs. Je me souviens d'avoir défendu le dossier à Quimper. Si Saint-Martin-des-Champs l'avait emporté, c'est notamment parce que nous avions la chance d'avoir l'aiguillage Morlaix-Roscoff. Créée en 1960, la zone de Kérivin était la première zone intercommunale de la région.
Comment fonctionnait l'équipement?
Il s'agissait du troisième équipement de ce type en Bretagne, après ceux de Rennes et de Lorient. Le centre de Kérivin avait été mis en service par la Compagnie nouvelle des conteneurs, une filiale de la SNCF. Les chargements étaient effectués directement chez les clients, dans des conteneurs adaptés. Ils étaient ensuite acheminés vers le centre par la route. Le transfert sur les wagons SNCF s'opérait au moyen de grues de 37 tonnes. L'équipement comptait deux voies ferrées de 150m et une aire de stockage de 6.000m². Son usage avait été orienté vers les professionnels, mais son utilisation était aussi possible pour les particuliers.
Quelles ont été les raisons principales de son échec?
Par rapport à ce qui était prévu, l'activité s'était révélée insignifiante et le centre, jamais inauguré, avait fermé trois ans après son ouverture. À l'époque, le lobby routier était trop fort. Maintes et maintes fois, j'avais écrit à la compagnie gestionnaire pour redynamiser l'équipement mais en vain. Ensuite, les installations ont été squattées, la superbe bascule pour peser les camions a été abandonnée. Le projet avait coûté 1,2million de francs. L'État avait participé à hauteur de 50%. Un véritable gâchis.
Une gabegie dont vous aviez parlé à la télévision...
Cette histoire était en effet passée à «Combien ça coûte», sur la première chaîne. Nous étions invités de l'émission, avec Jean-Jacques Cléac'h, alors conseiller général du secteur.
La remise à jour du projet doit vous faire plaisir?
Bien sûr. D'autant que j'ai passé des vacances en Autriche et que là-bas, j'ai pu constater que le ferroutage fonctionne bien. Comme en Suisse, on voit des trains qui transportent 50 à 60camions. Pourquoi ce qui marche au coeur de l'Europe ne marcherait pas chez nous? Le plus étonnant, c'est que le centre de Kérivin avait été créé dans le but de transporter des légumes à moindre frais. Hélas, les gens de la Sica étaient les plus réticents. L'ironie de l'histoire, c'est de constater qu'aujourd'hui, ce sont eux qui reviennent à la charge!
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