Pompiers. Des missions en tous genres
Une pollution dans une rivière, une chute dans les rochers, un véliplanchiste en difficulté... Les pompiers du groupement territorial de Morlaix disposent d'unités spécialisées pour intervenir sur différents types d'accidents.
Un randonneur qui tombe d'une falaise, un enfant prisonnier au fond d'un puits... Pour les sauvetages périlleux, ce sont les hommes du Grimp (*) qui sont sollicités en premier. Des super-pompiers en altitude appelés pour des missions casse-cou. Le Grimp est l'une des unités du centre de secours de Morlaix. Sous la houlette du sergent-chef Nicolas Charlou, l'unité est constituée de huit pompiers. «Notre rôle est de prendre en charge des victimes dans les endroits où il y a une notion de hauteur, explique Nicolas Charlou, c'est-à-dire les sentiers côtiers, les falaises, mais aussi les rivières souterraines, les gouffres...» «Notre échelle ne fait que 25m de hauteur, poursuit-il. Pour accéder à des endroits plus hauts, on n'a donc pas d'autres moyens que de faire appel au grimp.» Sur place, chaque pompier du groupe est revêtu d'une combinaison, d'un casque, d'un baudrier, de mousquetons... Leur matériel se compose de treuils, cordes, de potences, de civières...
Coincé dans sa voiture 10m en contrebas
En 2011, le Grimp de Morlaix a été appelé à six reprises. Récemment, l'unité s'est déplacée au deuxième étage d'un immeuble morlaisien pour évacuer un polytraumatisé qui avait fait une chute dans la véranda de son appartement. L'équipe de Nicolas Charlou était également intervenue pour une pendaison au Pont de la Corde, à Henvic. À Plounévézel, le Grimp avait extrait un automobiliste prisonnier à l'intérieur de sa voiture. Celle-ci avait basculé dans un ravin, à une dizaine de mètres en contrebas de la chaussée. Deux autres interventions concernaient des animaux tombés au fond d'un puits. Pour une cheminée menaçant de s'effondrer, c'est aussi le Grimp qui a été alerté pour sécuriser les lieux.
Un ULM dans un arbre
Le groupe morlaisien peut également être appelé pour des secours à personne à l'intérieur de châteaux d'eau et de silos, ainsi que sur des grues, des pylônes, des éoliennes... «Le 25juillet 2004, se souvient Nicolas Charlou, on avait été appelé au Pillion (Plourin-lès-Morlaix) où le pilote d'un ULM s'était retrouvé coincé dans un arbre avec son engin. Ce fut compliqué d'intervenir sans faire tomber l'ULM. À Huelgoat, on avait aussi dû se déplacer pour une personne tombée dans une rivière souterraine d'une dizaine de mètres de profondeur en allant chercher son ballon». Au Grimp, les pompiers peuvent aussi bien endosser la tenue d'alpiniste que de spéléologue.
* Groupe de reconnaissance et d'intervention en milieu périlleux.
000 interventions
Un territoire de 84 communes et 156.100habitants. Dirigé par le commandant Renaud Quéméneur, le groupement territorial de Morlaix regroupe 84 communes du nord-est du département. Une population de 156.100habitants dépend des 14centres rattachés au groupement. Un effectif de 438 personnes. Le groupement compte un effectif de 438 personnes, dont 45 sapeurs-professionnels (36 à Morlaix), 390 volontaires, trois assistantes administratives et trois adjoints techniques. 10.118 interventions. En 2011, les pompiers sont intervenus à 10.118 reprises (+3,94%), soit une moyenne de 27,7 fois par jour. «L'année 2011 a été marquée par une très grosse activité. Nous avons eu beaucoup de travail», commentent Renaud Quéméneur, son adjoint, le capitaine Bertrand Cléquin, et le lieutenant Didier Moses. Nombre d'interventions par centres rattachés au groupement. Morlaix (3.023), Saint-Pol-de-Léon (1.348), Landivisiau (1.167), Carhaix (1.157), Plouescat (789), Huelgoat (485), Lanmeur (452), Saint-Thégonnec (432), Sizun (369), Brasparts (285), Guerlesquin (212), Carantec (164), Plougonven (133) et l'île de Batz (102). Secours à personnes, accidents... Répartition par nature d'interventions: 69% pour des secours à personnes (malaises, accidents de sport, brûlures, suicides...), 9,90 % pour des incendies, 9,75% pour des accidents de la circulation, 8,40% pour des opérations diverses (arbres sur la chaussée, cheminées menaçant de s'effondrer...), 1,80% pour des aléas climatiques (tempête, inondations...) et 1,15% pour les interventions des équipes spécialisées (lire par ailleurs). Interventions marquantes en 2011. Pour Renaud Quéméneur, les interventions marquantes de l'année écoulée ont été: l'incendie, en janvier, dans une maison à Landivisiau (trois personnes décédées); le feu, en février, dans une porcherie de Plouégat-Guérand (1.500porcs morts); un feu de sous-bois, en septembre, à Ploudiry; la recherche de deux personnes âgées retrouvées vivantes, en septembre, à Pleyber-Christ et à Saint-Martin-des-Champs; l'engagement de l'équipe de sauveteurs côtiers pour des promeneurs et véliplanchistes en difficulté, en décembre, à Carantec et à Saint-Pol-de-Léon; la tempête, en décembre, sur l'ensemble du territoire. 19 exercices. 19 exercices ont été menés en 2011. Deux étaient particulièrement importants: l'un aux établissements Jean Caby, à Lampaul-Guimiliau, et l'autre à Roscoff au cours de l'opération Guardex où un incendie a été simulé sur l'Armorique, un des navires de la Brittany Ferries. 32 manifestations. Le groupement a été sollicité pour délivrer son avis sur la tenue de manifestations importantes comme le Tour de Bretagne cycliste, le festival Panoramas, le Tour de France, le festival des Vieilles Charrues, Entre Terre et Mer, le semi Saint-Pol - Morlaix...
31 interventions
Sous la conduite de l'adjudant Jean-Claude Péron, le groupe spécialisé dans le sauvetage côtier est intervenu à 31 reprises en 2011, contre 18 en 2010. «On est souvent appelé pour des recherches de personnes qui se retrouvent en difficultés en mer, comme les véliplanchistes», explique Jean-Claude Péron, dont l'unité est composée de 14 pompiers. L'an passé, le groupe est notamment intervenu à Callot, où une famille avait été surprise par la marée alors qu'elle se trouvait dans une voiture. L'équipe de Jean-Claude Péron intervient régulièrement pour des embarcations à la dérive. Plutôt cocasse comme intervention, celle qui a eu lieu sur le lac d'Huelgoat où les pompiers ont dû extraire un hameçon coincé dans le bec d'un cygne. Parmi les interventions qui ont marqué Jean-Claude Péron, il y a le décès de cet homme qui avait mis fin à ses jours. Au volant de sa voiture, il s'était ainsi jeté dans la mer depuis la digue du port du Diben. «C'était il y a cinq-six ans. On l'avait retrouvé deux mois après sa disparition. On voyait juste une masse sombre au fond de l'eau. En état de décomposition, la personne était toujours dans sa voiture.»
* Outre le Grimp et le groupe de sauvetage côtier, le groupe territorial compte une autre unité spécialisée: une cellule d'intervention dans les risques chimiques et radiologiques.
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