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Morlaix ville

La Fouasserie. Art et solidarité dans le potager

5 octobre 2009

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Au jardin solidaire de La Fouasserie, les chômeurs cultivant leur lopin de terre cohabitent avec des artistes délocalisant leurs créations entre les choux, les navets et les poireaux. Ce potager bio, social et créatif, a été inauguré, samedi.

À la soupe! Pour le vernissage des «installations paysagères», proposées par l'association Les Moyens du bord dans le jardin solidaire du Comité de chômeurs et solidaires du pays de Morlaix, le champagne et les petits fours avaient été remplacés, samedi midi, par de délicieux potages, concoctés par le chef, Patrick Lenan.

D'anciens jardins ouvriers

C'est à deux pas de la place du Pouliet que se niche ce joli coin de verdure, calme et ensoleillé. La vocation sociale du site de La Fouasserie ne date pas d'hier. Les parcelles ont, en effet, longtemps permis aux ouvriers, ayant du mal à acheter des légumes et des fruits, de nourrir leurs familles pour pas cher. Depuis 1993, quelques adhérents du Comité de chômeurs et solidaires du pays de Morlaix ont pris le relais en cultivant une partie des terres de ce petit paradis. «Jusqu'à présent, on louait 5.000m² puis, en décembre2008, on nous a proposé d'acheter l'intégralité de ce terrain, qui s'étend sur 1,8ha», explique Pierre Le Steun. Âgé de 54 ans, cet ancien professeur de mathématiques préside le comité local de chômeurs depuis juin2008.

Cultiver du lien social

L'acquisition du lieu, facilement accessible à pied du centre-ville, est en cours. Le projet, mis en place par Pierre Le Steun et son équipe, a séduit les élus locaux et régionaux, qui ont décidé de le soutenir. Si l'objectif premier est, bien sûr, de mettre à disposition des parcelles à cultiver aux adhérents du comité et personnes en difficulté, la volonté du comité est aussi d'y développer une dynamique forte en terme de lien social. Le jardin solidaire pourra ainsi servir d'espace de jeux et de rencontres.

Sortir la culture de ses murs habituels

Militant depuis toujours pour l'accessibilité des pratiques artistiques actuelles au plus grand nombre, l'association Les Moyens du bord s'est associée au projet. Avec la volonté clairement affichée de faire sortir la culture de ses murs habituels. «Notre rencontre avec le Comité de chômeurs et solidaires ne tient en rien du hasard», constate Virginie Perrone, permanente de l'association. «Car si, fondamentalement, le projet des Moyens du bord est de travailler sur la culture, et plus particulièrement sur les arts plastiques, ce travail ne doit pas se cantonner à la chapelle Saint-Matthieu» (le siège de l'association, NDLR).

Ressemblances entre les artistes et les chômeurs

Virginie Perrone comme Pierre Le Steun font aussi un constat: les artistes, comme les demandeurs d'emploi, partagent souvent des situations précaires. «Malheureusement, on est un peu une grande famille», image le second, en rappelant que les chômeurs «mettent souvent de côté tout ce qui ne touche pas à la recherche d'un boulot, comme d'aller dans des galeries d'art». Au jardin solidaire, ce sont donc les peintres, plasticiens, musiciens et autres créateurs qui seront invités à venir cultiver leur art, au milieu des pommes de terre et des choux-fleurs. Dans le cadre des portes ouvertes sur les ateliers d'artistes, organisées pour la dernière fois par le conseil général, Bertrand Menguy, le photographe Bernard Molins et Pierre Pitrou auront été les premiers à essuyer les plâtres.

«Pas un coup pour faire un coup»

Leurs «installations paysagères» ont séduit un large public tout au long du week-end. D'autres collaborations verront le jour. «On peut imaginer des résidences d'artistes, l'ouverture d'un atelier... Tout est possibleici», s'enthousiasme Virginie Perrone. «Ce que nous avons vécu ce week-end n'est pas un coup pour faire un coup. Le jardin solidaire a une vraie vocation durable, tant pour les demandeurs d'emploi que pour les artistes».

  • Jean Philippe Quignon
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«Les chômeurs mettent souvent de côté tout ce qui ne touche pas à la recherche d'un boulot, comme d'aller dans les galeries d'art».

  • Pierre Le Steun, président du Comité de chômeurs et solidaires du pays de Morlaix.

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