6 février 2012
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Elle n'aurait jamais imaginé «si terrible scénario». Lorsqu'elle emménage avec ses deux filles à Morlaix, en janvier2005, Ingrid Brandenburger tourne la page sur sa vie nancéienne. À 27 ans, la jeune Lorraine a deux mariages derrière elle. Le premier avec un ressortissant de Mayotte, le second avec un Parisien originaire du Pakistan, «tous les deux musulmans, c'est leur seul point commun», glisse-t-elle avec un faible sourire. Son deuxième divorce a déjà été prononcé, à l'époque, depuis quatre ans. Le papa s'occupe occasionnellement de la petite Amena, «toujours avec mon accord et sans qu'il n'y ait eu, pendant ces premières années, le moindre souci».
«Un énorme coup sur la tête»
En juillet2005, il demande à Ingrid l'autorisation d'emmener la petite de 4 ans et demi en vacances en Suisse. L'obtient... et disparaît de la circulation. «Il a fallu plusieurs mois pour qu'on le localise au Pakistan, après avoir fait des démarches auprès de sa famille dispersée de Londres jusqu'en Italie. Je me suis pris un énorme coup sur la tête. Pour moi, retrouver ma fille au Pakistan, c'était mission impossible...». Rejointe à Morlaix par ses parents, Ingrid remue néanmoins ciel et terre. Se fait conseiller par la Morlaisienne Me Pensec et par un autre avocat pakistanais. Elle prend une première fois l'avion, direction la petite bourgade rurale de Phalia, début 2007. Une audience a été fixée avec l'ex-mari au tribunal local. «J'ai pu revoir ma fille pour la première fois en un an et demi. Elle ne parlait déjà presque plus un mot de français...».
Mandat d'arrêt international
Le temps passe encore. Et en 2008, la justice se prononce doublement en faveur d'Ingrid Brandenburger. En janvier, l'ex-mari est condamné à deux ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Morlaix. Au printemps, c'est le Pakistan qui accorde officiellement la garde d'Amena à la maman. Le papa fera appel de cette décision. «J'ai fait deux fois l'aller-retour dans l'année, j'ai pu rester de nouveau quelques jours avec ma fille», soupire Ingrid, obligée, qui plus est, d'y passer toutes ses économies. En 2009, le tribunal de Phalia confirme sa décision. C'est là que le père et la petite de 9 ans s'évanouissent dans la nature... «Un mandat d'arrêt international a beau avoir été lancé, la police locale ne se bouge pas trop pour les retrouver!», raconte la maman morlaisienne, devenue fataliste.
«Si j'avais de l'argent...»
«Si j'avais de l'argent, je graisserais la patte aux gendarmes pour qu'ils fassent leur boulot. Il n'y a que ça qui pourrait me ramener ma petite fille!», s'indigne aujourd'hui la grand-mère, Monique Brandenburger, inquiète de voir sa propre fille «se renfermer et perdre espoir peu à peu». En décembre dernier, Ingrid n'a pas eu la force de prendre l'avion pour le Pakistan. Elle fera peut-être le voyage en avril, car le dossier se poursuit maintenant devant l'autre tribunal de Lanhour. Fonctionnaire à Morlaix, Ingrid se raccroche à son travail, et à sa grande fille de 15ans, Chloé. Pour le reste... «Depuis sept ans, je suis comme morte à l'intérieur...».

27 mai 2012

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