20 mars 2009
Il ne voulait, dit-il, «pas la forcer», encore moins «la violer». C'est pourtant bien pour agression sexuelle que ce Morlaisien, âgé de 24 ans, a comparu devant le tribunal correctionnel, hier après-midi. Le 4septembre 2006, il avait obligé une voisine de chambre du Foyer des jeunes travailleurs de Morlaix à avoir un début de relation sexuelle avec lui. «C'est vrai que ce soir-là, elle n'est rentrée dans ma chambre que pour fumer une cigarette», raconte le prévenu. Si plusieurs fois d'affilée au cours du mois précédent, leur relation avait pris un tour plus intime, la victime avait tenu à y mettre un terme. «Au motif, notamment, que le jeune homme avait déjà une liaison suivie avec une autre jeune fille, âgée de seize ans à peine», note le tribunal.
«Je pensais que ça allait devenir oui»
Présente à l'audience, la jeune femme confirme que, mal dans leur peau tous les deux, elle et son voisin de chambre s'étaient «pris dans les bras, amicalement», ce soir-là. En larmes à la barre, elle ne peut continuer son récit. «Elle n'était pas consentante, et pourtant, Julien Malheurty lui a imposé un début de rapport sexuel», poursuit la partie civile. «Je ne sais pas trop ce qui m'a pris», note celui-ci pour sa défense. «Elle m'avait dit non au départ, mais je pensais que ça allait devenir oui. J'avais déjà vécu cela avec plusieurs autres filles avant. Et à la fin, à chaque fois, tout le monde était content».
«Une addition de malheurs»
De personnalité fragile, la victime, très stressée, souffre de syndromes post-traumatiques depuis les faits. Mais l'avocate de la défense assure pour sa part «qu'il s'agit là de deux personnes immatures, prises dans une addition de malheurs. Ce jeune homme a mal agi, certes, mais dans des conditions particulières. Il n'y a eu ni violence, ni guet-apens». Le ministère public avait requis, en cours d'audience, deux à trois ans de prison ferme. Le tribunal a finalement condamné Julien Malheurty, déjà détenu pour d'autres causes, à dix-huit mois de prison, 10.000 EUR de dommages et intérêts et un remboursement de 2.832 EUR à la CPAM. Il sera également inscrit au registre national des délinquants sexuels.
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