5 décembre 2011
Ils ont 20 et 21 ans. Et depuis le Vallon du Pont, à Pleyber-Christ, Sandrine Le Feur et Eddie Hameury font de leur âge un atout pour innover et «tester un nouveau système».
Première «ruche» à Pleyber
Depuis quelques jours, le jeune couple est officiellement inscrit sur le site national «laruchequiditoui. fr». Objectif: constituer, dans son village de Lohennec, la première «ruche», regroupant des consommateurs et des producteurs souhaitant «manger mieux, local et au juste prix». «J'ai entendu parler du projet sur Internet début 2011. Le fondateur et ancien designer parisien Guilhem Chéron souhaitait inciter les consommateurs à créer des sites d'achat direct auprès des producteurs locaux. J'ai trouvé ça nouveau, plus actuel que les Amap (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) et motivant dans le cadre de mon installation comme exploitant agricole», commente Eddie Hameury.
L'avenir est «à la proximité»
Fils d'un exploitant de Pleyber-Christ -en cours lui-même de reconversion en bio-, le jeune homme vient d'acquérir 10 hectares de terres agricoles accolées à l'exploitation familiale. Il compte y faire, d'ici début 2012, du légume plein champ et écouler une partie de sa marchandise en gros, l'autre en vente directe. Sa compagne, Sandrine, rencontrée au lycée de Suscinio, poursuit ses études en BTS d'Analyse et conduite des systèmes d'exploitation (ACSE) à Pommerit-Jaudy (22). «Je me donne deux ans pour m'installer à côté d'Eddie, je ferai de la volaille». L'un comme l'autre en sont convaincus: «L'avenir est sans doute plus à la proximité et aux circuits courts, en agriculture comme ailleurs». En s'inscrivant (comme producteurs et non comme consommateurs) dans le circuit d'échanges de «la ruche qui dit oui», le futur couple relais souhaite coller à ses valeurs.
À Morlaix aussi
«Nous avons lancé l'appel à inscriptions sur le site Internet. Six autres producteurs charcutiers, boulanger, poissonniers ou producteurs de légumes, tous proches géographiquement, ont déjà répondu présent». Reste maintenant à trouver suffisamment de consommateurs pour lancer les rendez-vous hebdomadaires, dans un lieu qui reste à déterminer. À Morlaix aussi, le principe séduit. Un cadre commercial proche de la retraite s'est pré-inscrit, «parce que l'idée me convient bien». En devenant auto-entrepreneur relais de sa ruche dans son quartier, il bénéficierait également de 10% des recettes sur chaque vente (10% allant au site national de laruchequiditoui. fr). «Mais pour l'instant, le règlement me semble un peu complexe. J'aurais aimé, par exemple, y mettre un peu d'exotisme, avec des producteurs de foie gras ou de vins de Loire de ma connaissance. Je me laisse donc quand même le temps de décider», termine celui-ci. «Si c'est pour vendre des carottes, des haricots verts ou des tomates, comme tous les autres agriculteurs du coin, l'intérêt me semble moindre...»