15 septembre 2010
Jacques Feunteuna sera-t-il encore le président de la CCI de Morlaix à l'issue des prochaines élections? Alors qu'un boulevard semblait s'ouvrir devant lui en juin dernier, la donne a changé durant l'été. Menée par un binôme composé de Jean-Paul Chapalain, trésorier de la CCI depuis 2005 et président de Triangle initiatives (soutien à la création d'entreprises), et de Jo Le Mer, président de Giannoni France, une liste dissidente a vu le jour. «Elle sera présentée lundi prochain.Il nous manque un nom pour la boucler, mais ce sera fait d'ici là», annonce Jean-Paul Chapalain, qui ajoute que «cinq à six personnes élues en 2005 y figurent». Dont Pierre Mercier, avec qui l'actuel trésorier de la CCI s'était déjà allié en 2000 pour tenter de contrer Jacques Feunteuna. Sans succès.
«On veut travailler autrement»
«On ne remet pas en cause le travail qui a été fait depuis dix ans, car on y a participé. Simplement, et sans vouloir faire de polémiques, on veut travailler autrement pour la région», indique Jean-Paul Chapalain (59ans), patron de l'entreprise Matembal (emballages) à Saint-Pol-de-Léon, ainsi que des hôtels Brittany et du Centre à Roscoff. Et travailler autrement, ça veut dire différemment de Jacques Feunteuna. «Il a tendance à diriger tout seul. On veut une plus grande ouverture dans les décisions», poursuit-il, en constatant que «même s'il est normal qu'il y ait un peu de déchets en cours de mandat, nous ne sommes plus que cinq ou six à travailler sur les 24 membres élus en 2005».
Chapalain ou Le Mer tête de liste
Une critique à peine masquée à l'encontre de la personnalité de Jacques Feunteuna, que lui et ses colistiers vont tenter de faire tomber de son piédestal. Et pour y parvenir, ils ont un argument de poids en la personne de Jo Le Mer qui, jusqu'à présent, n'était pas élu à la CCI. Son image pourrait faire pencher la balance. Reste à savoir si le président de Giannoni France sera à la tête de la liste dissidente. «Ce sera sûrement lui ou moi», renseigne Jean-Paul Chapalain.
«Ils m'avaient promis de resteravec moi»
«Depuis 2000, toutes les décisions ont été prises à l'unanimité. Je pense que l'homme à poigne que je suis a quand même été suivi», rétorque Jacques Feunteuna. «A un moment, le président apparaît davantage, a plus de pouvoirs. Mais je ne crois pas en avoir abusé. Sinon, depuis dix ans, il y aurait eu un vote de défiance», poursuit celui qui est à la tête de la CCI depuis 1997. Et qui n'a que modérément apprécié d'apprendre qu'une liste se montait face à lui. «Ils m'avaient promis de resteravec moi», assure-t-il, en balayant d'un revers de la main la «désaffection» évoquée par ses opposants. «Entre les ventes d'entreprises, les départs à la retraite, les mutations ou les décès, il y a toujours une usure naturelle en cours de mandat. C'est pareil ailleurs». Le décor est désormais planté. Les semaines à venir risquent d'être animées. Inquiet? «Une élection n'est jamais gagnée d'avance, répond Jacques Feunteuna, âgé de 63 ans. Mais si les votants jugent mon bilan, alors je suis plutôt confiant».