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Morlaix ville

Apiculture. Il se pique au jeu de l'élevage

26 janvier 2009

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Il n'y avait pas plus jeune éleveur que Guillaume, 18ans, à la réunion du Groupement sanitaire apicole du Finistère, à Pleyber-Christ, samedi matin. Les abeilles sont d'ailleurs les dernières arrivées de sa drôle de ménagerie champêtre...

Heureusement que mémé Simone veille au grain. C'est elle qui, toute la semaine, nourrit, chez elle, les faisans, les paons, les poules d'ornement, l'oie, entourée de ses deux ânes, les lapins, les oiseaux exotiques ou les poissons amenés sur cette arche de Noé trégorroise par son petit-fils Guillaume Quéré. Bien loin des sous-marins nucléaires où son père s'active neuf mois sur douze, plus près de la nature qu'au bourg de Botsorhel où il a sa base, ce fils unique, 18 ans tout ronds, a fait des animaux une seconde famille.

Il y a d'abord eu Germaine...

«Plutôt que de traîner sous les abribus», plaisante sa maman Brigitte, le grand gaillard soigne, dès qu'il le peut, la petite ménagerie, qui grossit à vue d'oeil depuis huit ans. Il s'en est même fallu de peu que l'oie Germaine n'atterrisse avec son maître dans les salles de cours de l'IUT en génie biologique à Brest. «Celle-là, elle m'adore! Je l'ai eu tout petit, elle se comporte comme un chien. Au début, elle pleurait dès que je m'éloignais...», plaisante volontiers Guillaume, un regard protecteur posé sur sa mémé en tablier, deux têtes en dessous.

Du pâté de lapin au miel

Comme si le verger qu'il a planté au bord des 300 hectares de forêt familiale, comme si les sélections de papillons ou la fabrication de pâté de lapin ne lui suffisaient pas, le jeune homme a voulu continuer à retrouver le rythme des saisons en élevant... des abeilles. C'était il y a deux ans. Parti d'une première ruchette, sur les bons conseils du vieux passionné plougonvenois Armand Morin, le jeune apiculteur amateur surveille, aujourd'hui, pas moins de onze ruches, dont sont sortis, l'été dernier, cent kilos de miel pleines fleurs. Guillaume avoue en manger un kilo par semaine, et vendre une partie de sa production au plus proche voisinage. Cela après que tous ses proches, l'été venu, l'aident à touiller la barrique avant de mettre en pot...

«J'adore ça c'est mon truc!»

Il a bien sûr fallu patienter pour apprendre à piéger les essaims, «à la bonne date, à la bonne heure, et de la bonne manière». Mais l'étudiant se sent aujourd'hui pousser des ailes. «J'adore ça, c'est mon truc!» Plusieurs conseils d'apiculteurs aguerris et trois stages de mise à niveau au lycée agricole du Nivot plus tard, Guillaume se pique plus que jamais au jeu de l'élevage. À peine rentré de sa studieuse semaine brestoise, il n'a pas hésité à filer avec son vieux copain Armand, samedi matin, à une réunion d'information du Groupement sanitaire apicole du Finistère (GDSA 29), à Pleyber-Christ (lire ci-dessous). Au retour, mémé Simone l'attendait, un peu contrariée. «Dis Guillaume, quelle idée tu as eu, donc, de vouloir mettre ta lapine au chaud... Elle a laissé ses onze petits mourir. Voilà!» Pas facile, non vraiment, de veiller sur une si grande famille. Mais la nature, ça rend philosophe. Et le petit-fils, pressé de rejoindre son cours de kan ha diskan, rigole. «La lapine, mémé, je vais la remettre au mâle. Et le tour sera joué!»

  • Sophie Prévost

La réunion d'information fait le plein

Samedi, les apiculteurs de l'arrondissement morlaisien étaient conviés, avec la population, à l'une des trois réunions départementales annuelles d'information par le Groupement sanitaire apicole du Finistère (GDSA 29). Une quarantaine de personnes étaient présentes. L'objet: informer les producteurs, aux trois-quarts amateurs dans le Finistère, de la réglementation et des moyens de garder les colonies d'abeilles en bonne santé. Président du groupement, Yves Layec a d'abord rappelé l'importance d'une déclaration préalable auprès des services vétérinaires. «Beaucoup de gens continuent à ne pas le faire. Sur l'arrondissement de Morlaix par exemple, on compte deux apiculteurs professionnels (à Pleyber-Christ et Plouescat), environ 150 amateurs déclarés, et sans doute une autre centainenondéclarée». Ceux qui ne se manifestent pas ne peuvent recevoir la visite gratuite des Agents sanitaires apicoles (Asa), ni, par conséquent, avoir les conseils indispensables pour éviter les problèmes sanitaires, nombreux dans le secteur. «Il ne s'agit pas de flicage, assure Yves Layec, mais plutôt d'un moyen de s'assurer des bonnes pratiques et d'optimiser les productions». Dans le viseur: les maladies contagieuses, dont la loque, très présente chez nous, les parasites comme le varroa, et bien entendu toutes les intoxications liées à la présence de pesticides dans l'environnement proche de la ruche. Pratique Renseignements sur le groupement sur http://gdsa29.free.fr

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