7 octobre 2009
Hier, des portes ouvertes étaient organisées dans une exploitation bio, située à Lanmeur. Objectif: sensibiliser les producteurs à une conversion vers l'agriculture biologique en portant un nouveau regard sur la profession.
Quel est le rendement d'une exploitation agricole bio? Ses débouchés? Quelles sont ses pratiques et ses techniques? Quels sont les inconvénients d'une future conversion? Hier après-midi, ces multiples questions ont animé la journée d'échanges, organisée par le Gab 29 (Groupement des agriculteurs biologiques du Finistère), chez André Bellour, exploitant bio à Lanmeur. Au total, une dizaine d'agriculteurs du canton ont répondu à l'appel.
La forte demande des consommateurs
«Ces portes ouvertes ont pour objectif d'inviter les porteurs de projet d'installation ou de conversion à venir découvrir les pratiques de la culture biologique», explique Katell Gueguen, ingénieure en agriculture au Gab 29. «Le passage vers l'agriculture biologique commence à susciter de plus en plus de curiosité. La demande de produits bio de la part des consommateurs est de plus en plus forte», ajoute-t-elle. «Chaque agriculteur possède ses propres méthodes. Il n'existe pas de recettes miracles mais les expérimentations sont une bonne initiative car elles mettent à mal l'uniformisation des techniques chères à l'agriculture conventionnelle», indique Michel Le Bars, producteur, membre du Gab 29. Qu'est-ce que l'agriculture biologique? Elle se définit comme un système de production agricole, durable pour tous les opérateurs, qui privilégie la qualité des aliments, dans un objectif de santé pour les consommateurs, et qui n'entraîne pas de risques à court et long terme pour l'environnement.
Un cahier des charges rigoureux
Depuis janvier2009, les exploitations bio sont soumises à un cahier des charges élaboré au niveau européen. Plusieurs règles ont été établies: les produits chimiques de synthèse ne sont pas autorisés, les animaux doivent disposer d'espaces suffisants pour vivre, les traitements antibiotiques sont limités, les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont interdits.
L'autonomie alimentaire
La phase de conversion (environ deux ans) vers l'agriculture biologique nécessite des ajustements dans le système de production. Une période plus ou moins difficile selon la nature des exploitations. «Le passage au bio ne m'a posé aucun problème. Je n'ai pas rencontré de baisse de production», indique Hervé Bellour, installé depuis 1990. En 1998, ce producteur de lait décide de développer l'herbage, au détriment du maïs. La céréale offre plus de rendement à l'hectare mais doit être couplée avec l'importation de soja afin de compléter l'alimentation de la vache. Une pratique contraire aux principes de l'agriculture biologique, qui prône l'autonomie alimentaire, permettant de baisser les coûts de production dans l'exploitation. Inconvénient: la nécessité d'augmenter sa surface d'exploitation alors que l'accès au foncier est soumis à de fortes pressions financières. «Les gros exploitants se battent pour récupérer des terres. Le prix des reprises d'exploitation a flambé parce que quelques propriétaires veulent en tirer un profit maximum. Mais le développement durable passe d'abord par la bonne santé des petites exploitations», souligne Hervé Bellour.
«Le chemin est encore long»
«Avec 36 nouveaux producteurs en 2008 et déjà 27 en 2009, le Finistère compte aujourd'hui 321 fermes bio. Mais le chemin reste encore long avant d'atteindre les objectifs annoncés lors du Grenelle de l'environnement. Pour posséder 20% de surfaces bio en 2020, il faudra multiplier les surfaces actuelles par dix», indique Katell Gueguen.
«Pour posséder 20% de surfaces bio en 2020, il faudra multiplier les surfaces actuelles par dix».
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