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Roscoff

Tourteau. Pêcheurs et mareyeurs sur le même bateau

9 octobre 2009

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Les pêcheurs de crabe ont invité, hier, les mareyeurs à débattre de la crise qui frappe le marché du tourteau. Jacques Person et Hubert Bihan, représentant la société Béganton; Jacques LeCorre, des Viviers de l'Atlantique, et Gildas Riou, des viviers La Méloine, ont exposé leur approche d'une situation qui touche également leur activité.

Effondrement du marché

Le marché s'est affaibli depuis plusieurs années en raison d'une évolution des habitudes alimentaires et s'est effondré compte tenu du déséquilibre entre le volume de la production et les ventes, tout particulièrement à l'export vers l'Italie, l'Espagne et le Portugal, où les clientèles traditionnelles sont sévèrement frappées par la crise. Les caseyeurs reprochent aux mareyeurs d'acheter à moindre coût aux Anglais et aux Irlandais le tourteau débarqué du car-ferry à 1,20 EUR le kilo. Les cours du crabe breton, 1,65 EUR actuellement, ne suffisent pas à couvrir les frais du bateau et à assurer un salaire aux matelots. Les coûts d'exploitation et les tonnages britanniques rendent à l'évidence la compétitivité difficile: des bateaux souvent plus importants outre-Manche et des campagnes continues, tandis que les pêcheurs bretons ne laissent leurs casiers à l'eau qu'en morte-eau. La pêche française, avec 7.500t, ne peut être comparée aux 25.000t britanniques. Au cours du débat qui s'est déroulé calmement, les deux parties ont exploré les différents aspects d'un sujet qui concerne également la distribution et la vente de détail.

Une même impasse

En réalité, pêcheurs et mareyeurs se trouvent dans une même impasse. L'hypothèse de la fixation d'un prix de retrait semble utopique, puisqu'il devrait se situer à un niveau bien plus élevé que les cours actuels. Les mareyeurs se sont défendus de recourir à l'import de manière excessive, la reprise des marchés et une plus grande régularité des apports pouvant seules assainir la situation. Un consensus relatif s'est cependant dessiné et les pêcheurs du quartier de Morlaix s'efforcent de contacter leurs homologues anglais et irlandais pour tenter une approche commune de cette crise, en limitant les captures pour soutenir les prix.

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