29 septembre 2009
Hier, à l'île de Batz (29), deux canons immergés datant du XVIIIe siècle ont été remontés à la surface. Remises au Conservatoire du littoral, les pièces rares vont être restaurées. Cette opération permettra d'en déterminer l'origine.
C'était en 1987, un plongeur amateur Patrick Le Saout, originaire de l'île de Batz, découvrait deux canons à une dizaine de mètres de profondeur, au sud-ouest de l'île. Un montage financier délicat, couplé à une arrivée tardive d'autorisations administratives, explique qu'il ait fallu patienter 22 ans pour que ces canons en fonte, datés du XVIIIe siècle par la DRASSM (*), soient remontés à la surface.
Hier, six plongeurs ont été mobilisés pour cette opération exceptionnelle. Les pièces rares ont été tractées sur les flotteurs du goémonier local Chikoloden. Sur l'île, l'effervescence était palpable. De nombreux habitants ont assisté à l'événement. Le maire en personne avait sorti son embarcation pour accompagner le convoi jusqu'à quai.
"Je suis ému"
De longues heures ont été nécessaires pour extraire les canons des fonds marins. Remis au Conservatoire du littoral, ils vont être installés dans le jardin exotique Georges-Delaselle. "Je suis ému, car ces canons font partie de mon histoire. Ils ont désormais leur place à terre", a commenté, hier, le découvreur Patrick Le Saout.
Désormais à l'air libre, les molosses, de trois mètres de long pour environ 1,5 t, vont subir une longue phase de traitement réalisée par le laboratoire nantais Arc'Antique. Celle-ci se fera en trois temps : dégagement de la gangue, stabilisation électrochimique, et phase de restauration et protection. La durée des travaux est estimée à trois ans ! Et fait exceptionnel, les canons seront traités sur l'île, dans un local accessible au public.
A l'issue de l'opération, ils seront restaurés, puis, placés sur leur affût de chêne et exposés dans le jardin Georges-Delaselle, le long du sentier littoral.
Leur origine reste une énigme
Ces recherches vont permettre d'expliquer leur présence à seulement quelques mètres du rivage. Car leur origine reste aujourd'hui une énigme. Il semble exclu qu'ils proviennent du naufrage d'un navire dans une zone pourtant réputée très dangereuse. Plusieurs hypothèses se dégagent : un lâcher de leste d'un bâtiment en manoeuvre, le chavirage d'une barge ou une immersion volontaire pour s'en débarasser.
* Direction des recherches archéologiques, subaquatiques et sous-marines.
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