9 novembre 2009
Le Salon desvinset de lagastronomie deBrest fête ses25ans cette année, en mettant à l'honneur unerégion chère au coeur de son organisateur : leRoussillon.
Le soleil, la mer, la montagne, les fruits, la vigne, les terrasses... Onse demande bien ce qu'il peut manquer au Roussillon... Si peu dechose que les Catalans, dans lesud des Pyrénées-Orientales, ont la réputation de ne jamais quitter leur petit coin de paradis. Le Roussillon, région plus particulièrement mise à l'honneur pour fêter les 25 ans du Salon des vins et de la gastronomie brestois, est l'un des terroirs les plus généreux del'Hexagone et les vignerons y privilégient, depuis plusieurs années, laqualité àla quantité.
Les «terres qui souffrent»
À l'image de Jacques Mossé, installé à Sainte-Colombe de la Commanderie, un petit village de 80 habitants perché sur les hauteurs deThuir. Ce qui est devenu aujourd'hui leChâteau Mossé a été créé en 1884 par son arrière-grand-père, tailleur à Perpignan, qui a épongé la dette d'un client pour deux ou trois costumes en échange d'un lopin de terre. Un vin porte d'ailleurs toujours l'étiquette de «La belle jardinière», du nom de l'atelier de couture. Le domaine, développé petit à petit, s'étale sur une centaine d'hectares, dont 45cultivés, dans les Aspres, les «terres qui souffrent», les terres arides. Le vignoble bénéficie eneffet d'un ensoleillement maximum (plus de 300 jours par an), devent et de peu de pluie. Des terres qu'ils traitent au minimum.
État sanitaire parfait
Jacques Mossé et son fils Jean-Philippe ne font pas du vin bio. Ils se contentent de faire du vin naturel. «On ne se soigne pas si on n'est pas malade! Alors, pourquoi traiter la vigne si ce n'est pas nécessaire? On utilise beaucoup moins de produits qu'avant et on arrive à un état sanitaire parfait, sans baston». Pour le père et le fils, la recette estsimple: «Il faut travailler pendant onze mois avant la vendange, observer les vignes toutes les semaines, rentrer un bon fruit et maîtriser la vinification dans une cave irréprochable». Leur vin, comme la plupart des vins, même bio, contient des sulfites, conservateurs «sanslesquels le vin ne serait qu'une piquette!». Le Château Mossé produit environ 40 hectolitres à l'hectare et entretient précieusement deux vignes centenaires. Jacques Mossé a aussi remis au goût du jour un vin 100% carignan, cépage qui servait autrefois uniquement au coupage, dont le succès ne se dément pas aujourd'hui. Il produit des vins doux naturels, muscats et rivesaltes, dont quelques très vieux conservés en foudres de chêne, des vins de pays et des côtes du Roussillon, dont le temporis (80% syrah, 10% grenache noir, 10% carignan), qui a obtenu deux étoiles au guide Hachette 2009, et le bacchus 2008. Le tradition (60% syrah, 20% grenache noir, 20% carignan), salué par le guide Hachette 2006, a décroché la médaille d'argent du concours général agricole de Paris 2008. Les vins du Château Mossé sont des vins réputés, recherchés de Paris à Bruxelles, de New York àBrest!
«On ne se soigne pas si on n'est pas malade! Alors, pourquoi traiter lavigne si ce n'est pas nécessaire?»
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