Tri sélectif. La seconde vie des déchets
La collecte sélective des ordures ménagères prend chaque année du volume. En dix ans, les poubelles jaunes et les conteneurs ont réduit de plus de 10.000 tonnes
la masse des ordures ménagères.
Chez certains, le réflexe est déjà ancré. Au point qu'il a fallu dissuader une passante de déposer sa cannette en alu dans la poubelle jaune qui n'était là que pour illustrer les explications de l'équipe de BMO venue aux Jeudis du port promouvoir le tri sélectif.
« Les poubelles au couvercle jaune sont apparues en 1999 dans le quartier de La Cavale-Blanche, pour un premier test auprès de 5.000 habitants », explique Caroline Leroux, du service collecte sélective de Brest Métropole Océane.
Depuis 1999, le jaune a fleuri dans les quartiers pavillonnaires de Brest et dans les autres communes de BMO.
59 % de porte-à-porte
Mais organiser une telle collecte au porte-à-porte pose des problèmes dans les immeubles, en centre-ville et à la campagne. Il faut pouvoir loger quelque part cette poubelle supplémentaire.
En ville, l'une des deux collectes hebdomadaires antérieures a été remplacée par une sélective. Mais en campagne, il n'y a, le plus souvent, qu'une seule collecte hebdomadaire.
« À ce jour, 125.000 habitants de BMO, soit 59 % de la population, sont desservis par une collecte au porte-à-porte. Parallèlement, nous avons développé les points d'apport volontaire avec la généralisation de conteneurs enterrés aux points éco-propreté », explique Pierre-Yves Clavier, adjoint du directeur propreté et déchets à BMO. En 2007, 66 kg par an et par habitant ont été collectés dans les poubelles jaunes, contre 31 kg en point éco-propreté (sans le verre, qui est exclu des poubelles jaunes).
Un gain de plus de 2 M€
Le tri sélectif a aussi un impact financier. L'organisme Éco-emballages a reversé 1,2 M€ à BMO en 2007 et le tri sélectif a rapporté 926.000 €, grâce à la vente des produits du tri, sur un budget de fonctionnement global déchets de 16 M€.
Les efforts conjugués des industriels pour alléger les emballages et des collectivités pour augmenter le tri ont permis de passer de 321 kg d'ordures ménagères collectées, par an et par habitant, en 1999, à 260 kg l'an passé, soit 55.556 tonnes. Un chiffre à comparer avec les 16.696 tonnes d'emballages recyclables, y compris le verre, collectés sur BMO et les 44.728 tonnes en déchèteries. « On a gagné plus de 10.000 tonnes en dix ans ».
Une étude a été menée pour recenser les lieux où il n'y avait pas encore de tri sélectif. Un travail mené sur le terrain auprès des usagers, très souvent demandeurs de poubelles jaunes. Une cartographie précise a été établie avec les lieux où cela était techniquement impossible. « Une stratégie va être trouvée. Un investissement important est lancé pour équiper les immeubles de conteneurs enterrés. Pour le secteur rural, l'étude est toujours en cours », ajoute Pierre-Yves Clavier.