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Tram. «On travaille sur la deuxième ligne»

7 octobre 2009 - 3 réactions

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Travaux, projets de développement, grand stade... Maire de Brest et président de BMO, François Cuillandre répond à nos questions. Tour d'horizon d'une actualité particulièrement chargée en cette rentrée.



Si le tribunal administratif prononce l'annulation du plan local d'urbanisme, ferez-vous appel?
Tant que le jugement n'est pas rendu, je me refuse à toute hypothèse. Je fais confiance au tribunal pour prendre une position de sagesse. Ce Plu, c'est des années de travail, des dizaines et des dizaines de réunions publiques... Vu le contexte économique, je ne veux pas croire qu'on puisse l'écraser au pilon au seul motif que le document distribué aux élus avant la délibération n'était pas assez étoffé. Ce serait jeter une bombe atomique sur une mouche.

Toujours dans le volet urbanisme, quels sont les grands projets de développement à venir?
Nous avons trois gros projets immobiliers sur le site de la Fontaine-Margot, aux Capucins et au Rody, soit 1.500 nouveaux logements d'ici quatre à cinq ans. Des projets qui s'accompagneront de services publics. En termes de développement économique, nous allons poursuivre l'aménagement des zones de Kergaradec et de Prat-Pip. Nous consolidons aussi le polder mais cette parcelle sera réservée aux entreprises ayant des orientations maritimes. Nous avons ainsi refusé l'installation d'une cimenterie. Ensuite, nous aménagerons la zone de Lann-Vian qui est sur la route de Morlaix.

Après le forfait de Planet Saturn, croyez-vous encore vraiment au projet de Phalsbourgpour les halles Saint-Louis?
Évidemment, sinon on aurait rompu le contrat... Ilreste à espérer que la crise économique aura une fin et que le projet sera «reboosté» par le tram...

Que comptez-vous mettre en oeuvre en faveur des commerçants des halles, en attendant le redémarrage du projet?
En premier lieu, une remise aux normes. Nous avions obtenu un report dans le cadre du projet, mais ça ne peut plus attendre. Nous allons aussi faire du ripolinage mais pas des travaux lourds car elles sont vouées à la destruction. Ce n'est pas un bâtiment historique...

Les travaux font grincer des dents, n'yavait-il pas moyen de les échelonner?
Il nous faut surtout tenir un calendrier, ce qui est le cas pour l'instant. Les difficultés de circulation ne sont pas si terribles que certains le disent.

Qu'en est-il de la deuxième ligne de tramway ? Est-ce que vous y travaillez déjà?
Bien sûr, nous sommes convaincus qu'on nous la demandera dès que la première sera en service. Cette deuxième ligne, de 8km environ, allant de LaCavale-Blanche aux ports, sera complémentaire... Il y aura un effet multiplicateur et pas additionnel. Nous thésaurisons donc sur le versement de la taxe transport en vue de sa réalisation.

Avez-vous une solution pour les Roms?
Une médiatrice du CCAS est en contact quotidien avec eux. Oui, ils sont entrés dans l'Union européenne, ils sont persécutés depuis des siècles et rêvent de partir... Je comprends. Mais comment on organise ça, nous? Ce n'est pas de la responsabilité unique d'une ville. À l'État de prendre ses responsabilités en la matière.

Les rassemblements d'étudiants, le jeudi, ont repris, avec leur lot de nuisances. Comment y réagissez-vous?
Ce genre de débordements est le lot de toute ville universitaire. S'il existait une solution miracle, çase saurait... En tout cas, pas question de m'inspirer de ce qu'avait mis en place l'ancienne préfète de région (Bernadette Malgorn, NDLR) à Rennes, et qui n'avait rien réglé. Je n'ai d'ailleurs pas envie de voir des affrontements dans les rues de Brest. On me demande pourquoi je ne prends pas un arrêté interdisant la consommation d'alcool sur la voie publique... Imaginez qu'on se retrouve avec 1.000étudiants face à dix policiers, on fait quoi? Par ailleurs, si on fait de la médiation, on est taxé d'être co-organisateurs des événements... Quoi que fasse la mairie, elle sera montrée du doigt.

Avec du recul, quel bilan tirez-vous de l'Istanbul Europa Race?
Un bilan positif. Je n'ai jamais cru que des milliers de Brestois se déplaceraient sur le port du Château... Comme il n'y en a pas eu à Istanbul au départ, ni à Barcelone. Mais les retombées en termes d'image sont bonnes pour la ville.

Vous avez dit que vous vouliez que Brest redevienne une vraie référence en matière de voile... Quels sont vos projets?
Brest a autant de légitimité que Saint-Malo, LeHavre ou les Sables-d'Olonne. La différence, c'est qu'ici, les bateaux ne sortent pas par une passe où le public peut se masser. L'avantage, c'est qu'ils peuvent partir quelle que soit la marée. Nous avons donc des projets, avec Pen Duick notamment. Des discussions sont engagées pour lancer une course sur le parcours du Vendée Globe. Laballe est dans le camp des organisateurs...

La Jeanne s'apprête à effectuer sa dernière campagne. Et après?
Elle fait partie du paysage brestois et il y a un vrai attachement de la population pour ce navire. Mais c'est la vie, la roue tourne. Hors de question d'en faire un bateau musée. Quand elle sera déconstruite, nous verrons toutefois s'il est possible de récupérer quelques pièces symboliques qui pourraient être exposées sur le plateau des Capucins.

Du nouveau sur le grand stade?
On est en contentieux avec le propriétaire des terrains concernés, au Froutven, et ça va se régler devant le tribunal la semaine prochaine. En attendant, en accord avec le club, on a décidé de raser, en juin2010, la vieille tribune de Penhuel et de reconstruire durant l'été une tribune tubulaire de 6.000 places, avec possibilité d'agrandissement. Nous ne sommes pas les seuls à voir notre projet de stade prendre du retard à cause de la crise: Nantes et Strasbourg ont gelé leurs projets.

Comment réagissez-vous à l'annonce de la suppression de la taxe professionnelle?
Nicolas Sarkozy a décrété qu'il s'agit là d'un impôt idiot, encore faut-il ne pas le remplacer par un projet idiot. Or, le projet actuel n'est pas acceptable. Ilprévoit de remplacer la TP (qui représente 75% des recettes de fonctionnement de BMO) par un impôt national sur la valeur ajoutée dont le produit serait reversé aux départements et aux régions. S'il ne reste plus que la taxe d'habitation aux intercommunalités, quel intérêt auraient-elles à installer des entreprises sur leur territoire? Nous nous battrons pour que le produit de cet impôt soit réattribué aux intercommunalités.

Les militants PS ont voté la fin du cumul des mandats. Cela signifie-t-il qu'en tant que maire, vous ne vous présenterez plus aux législatives ou aux régionales ?
Depuis que je suis élu, je n'ai été «cumulard» qu'une seule année. Le PS a mis fin aux cumuls, j'en prends acte, même s'il ne m'apparaît pas forcément opportun de faire du désarmement unilatéral quand, de son côté, la droite donne à fond dans le cumul. Regardez du côté de Nice ou de Toulon... Quoi qu'il en soit, je vous confirme qu'effectivement, je ne serai plus candidat aux législatives, aux régionales, ni aux cantonales, d'ailleurs.

Si vous aviez un message à faire passer?

Une fonction politique, c'est comme la fonction quotidienne de tout le monde: on peut avoir des projets, beaucoup de volonté mais, si on n'a pas les finances, on ne peut pas les mettre en application. Il faut arrêter de penser qu'un maire n'a qu'à appuyer sur un bouton pour trouver des solutions
. C'est ce qui fait le charme de la vie. Et de la fonction de maire.

  • Propos recueillis par Patrice Le Berre et Sarah Morio
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Cumul

«Depuis que je suis élu en politique, c'est-à-dire 1989, je n'ai été cumulard qu'une seule année... Non, je ne me présenterai pas aux prochaines législatives, ni à une autre élection que les municipales».
Pouvoirs du maire

3 réactions

  • abar...
    Erreur de cumul
    Le monde a publié hier son palmares des députés cumulards et surprise dans les 10 premiers il y a 6 députés PS en rang 1,2,5,6,7,8 contre 3 députés UMP. En N° 1 le député maire de Toulouse et en 2 le député maire de Nantes. Le maire de Nice n'y figure pas car il n'est pas député idem pour celui de Toulon. Voir sur cette URL : http://www.lemonde.fr/politique/visuel/2009/10/06/cumul-des-mandats-notre-classement-des-deputes_1247998_823448.html
    Ajouté le 7 octobre 2009 à 20h35
  • agri...
    La Jeanne
    La vocation maritime de Brest se meurt, sauf à travers quelques courses de voiliers. La Jeanne d'Arc est la meilleure ambassadrice dont Brest pouvait rêver. Elle est connue dans le monde entier. On peut s'étonner de la passivité d'un milieu jadis attaché à ses traditions. Tout fout le camp. Il est inconcevable que ce joyau aille à la ferraille sans qu'une réflexion soit menée sur les possibilités de reconversion commerciale au pied des Capucins, dans la Penfeld. On peut sans doute y aménager des salles de symposium ou de spectables, une piscine, des salles de sport, un restaurant gastronomique , des boutiques de luxe, un circuit de visites, des projections de films historiques, ... On me rétorquera qu'il y a de l'amiante. Sans doute! mais aujourd'hui, qui s'en préoccupe pour la santé des marins qui y vivent en permanence? La municipalité ne devrait-elle pas chercher une solution rentable avec des partenaires privés, au lieu de monter à Brest une filière de démantélement de bas niveau?
    Ajouté le 8 octobre 2009 à 08h35
  • duve...
    c est pas moi c est eux...
    Maire de Brest, Heureusement nous avons eu Georges Lombard et Pierre Maille, ils avaient quand même une autre tenue ! C'est pathétique de lire un tel article, nous avons besoins d'un leader, d'un meneur, nous sommes dans un monde en mutation, nous sommes en crise et dans ces temps difficiles, dans une région durement touchée par l'éloignement et la « ruralité » on voudrait bien avoir des responsables politiques qui arrêtent de se plaindre et qui prennent les dossier en mains. Essayez d'avoir des idées, c'est pour cela que nous vous avons élu...
    Ajouté le 7 octobre 2009 à 15h13
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