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Brest ville

Tour du monde. Solide entrée en matière

6 novembre 2009

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Groupama 3 a quitté le port du château hier,à 13h30. Les dix marins sont partis, extrêmement concentrés, pour une quarantaine de jours autour du monde et une première patate dans le golfe.

20 à 25 noeuds de nord-ouest, sous un magnifique ciel de traîne et une rade aussi lisse que le crâne de Barthez. Les apparences sont trompeuses. Aux alentours d'Ouessant, ça tabasse, ça cogne dur. Le patron d'un chalutier annonce à la VHF 6mètres de creux au-dessus des Pierres-Noires. «Ils y vont quand même?», demande-t-il à un collègue qui en finit avec un golfe de Gascogne sauvagement hirsute. «C'est sûr que cela va danser dans la nuit, résume sobrement Fred Le Peutrec. On aura un peu de mal à dormir mais, dès demain matin (ce matin, NDLR), cela devr
ait s'arranger à la hauteur des côtes espagnoles».


«Fais attention à toi!»

Les poignées de main, les embrassades s'enchaînent sur le quai. Pas d'effusions, pas de fioritures. Le mode «économie d'énergie» est enclenché. Les étreintes sont mesurées; les baisers, secs et furtifs. L'habitude de partir. L'envie aussi de ne pas trop en rajouter. «Fais attention à toi! Fais pas de connerie...», glissent les épouses à leur marin de mari. Prévu à 11h, l'appareillage est reporté à 13 h. Le temps d'avaler une dernière grillade sur le port. Un dernier vrai repas chaud avant les hostilités. Justement, 50 jours de nourriture ont été stockés tout à l'arrière de la coque centrale puisque c'est du portant qui les attend pour ce copieux hors d'oeuvre, soit 500kg de victuailles au total. Le maire vient saluer les marins. Loïc Le Mignon lui remet son PV récolté, le matin, devant leur hôtel du centre-ville. Ils sont trois ou quatre du bord à y avoir eu le droit!

Sur le dos du grand Sud

Tout le monde est en combinaison sèche sur le pont, bottes aux pieds. Sauf le Suisse Stève Ravussin : lui garde ses Crocs orange qui lui serviront de chaussons durant le périple. Chacun est à son poste, prêt à appareiller, aux ordres de Cammas. Ils ne friment pas, fanfaronnent encore moins. Ils savent où ils vont, ce qu'ils vont endurer pendant six semaines. Côté confort, il faudra attendre le retour à la maison pour Noël. Trois bannettes pour neuf hommes de quart, un seau en guise de toilettes, des lingettes pour se débarbouiller, trois sous-vêtements de rechange pour six semaines... Le furieux rodéo secouera le moral, les organismes et le matériel. Pas de foil supplémentaire, simplement quelques lattes en carbone rangées le long du flotteur, un safran, des bouts, quelques outils, de la fibre... On ne s'embarrasse pas quand on cherche à courir le moins longtemps possible sur le dos d'une bête hurlante et rugissante.

  • Stéphane Jézéquel
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