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Tour de France. Confidences d'un saucisson
Dans la caravane, on parle et on raconte, on se souvient des bons moments du Tour d'avant. Au volant de la deudeuche Cochonou, le pilote Damien est affable et glisse quelques anecdotes qui font le charme de la Grande Boucle qui a quitté Brest samedi.
Ne pas jeter
Massés par milliers le long des routes, les spectateurs attendent la caravane avec impatience et guettent le petit geste des (jolies) jeunes filles qui jettent les cadeaux promotionnels. Ici de la lessive, ici une dosette du copain du petit-déjeuner, là du saucisson. « On est attendu », glisse Damien qui a pris la précaution de ne plus rien jeter au hasard. « Quand nous faisons la route, on nous fournit un panier-repas dans lequel il y a souvent une pomme. L'an passé, j'ai jeté le trognon au bord d'un ravin et j'ai vu trois quatre gars prendre des risques insensés pour aller le récupérer ». Comme disait l'autre, ce qui ne me tue pas me rend plus fort.
Brest-Quimper en chair et sans os
À propos, combien de petits saucissons sont jetés comme ça sur l'ensemble du Tour ? « L'équivalent de 350.000 gros saucissons », répond le chauffeur. À 20 cm l'objet, sortons la calculette pour parvenir à la distance prodigieuse de 70 km de Cochonou, soit environ Brest-Quimper de charcutaille sans discontinuer. Avec la peau et la petite ficelle, là. Mais pas la chanson. Surtout pas.
Le Diable s'habille en cochon
Juste avant Plougastel, un type déguisé en rose avec un groin terrible et une petite queue en tire-bouchon s'agite sur le bord de la route. Le cortège de Deux CV pique sur lui et lui lance une averse de petits saucissons : Cochonou a reconnu les siens. « Lui, on va le voir tous les jours », rigole Damien, « il sera là à chaque étape ». Comme El Diablo ? « Oui. Souvent, les gens de la caravane s'arrêtent pour lui donner à manger. Ce gars-là, il ne prend même pas le temps de penser à ça ».
Midi dernière
Parmi le lot de célébrités qui font un bout d'étape dans la deudeuche, il en est une fidèle. « Tous les ans, Danièle Gilbert monte avec moi sur une étape. La première année, je me suis demandé qui ça pouvait intéresser », confie Damien. Il a vite su. « C'est de la folie furieuse ! Il suffit qu'elle se dresse et salue la foule, et les gens l'acclament et l'ovationnent ». Quand on pense qu'il y a plus de 25 ans qu'elle a quitté le petit écran et que certains affirment que nous n'avons pas de mémoire, ça laisse songeur.
Les risques du métier
Quand elles ne jettent pas le saucisson par la fenêtre, les hôtesses saluent comme ça, en secouant longuement la main. Les gens polis, secouent aussi la main et tout le monde est content. Sauf que. « L'an passé, une fille nous a quittés au bout de trois étapes. À force de faire coucou sur des centaines de kilomètres, elle avait attrapé une tendinite carabinée ».



Dans tous les bourgs et villages, la fête est considérable. À Loperhet, la foule attend la caravane. .
Sources
Le Télégramme
07/07/2008
Rubrique: Finistère Nord
Brest
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